Commercialisation arachidiere : l'usine de la SONACOS a Ziguinchor dans l'attente de ses premieres graines

Economie

Ziguinchor, 1er dec (APS) - L'usine de la Societe nationale de commercialisation des oleagineux (SONACOS) a Ziguinchor (sud) n'a encore recu aucune graine d'arachide, huit jours apres l'ouverture officielle de la campagne arachidiere, une situation qui suscite l'inquietude des acteurs locaux de la filiere. Le Syndicat national des travailleurs des industries des corps gras, Samuel Ndour, en visite de supervision du deroulement des operations de collecte d'arachide, lundi a Ziguinchor, a denonce cette situation qui menace les huileries locales et les 2000 emplois dependant de la filiere arachidiere dans cette region.   "Apres une semaine de campagne arachidiere, Ziguinchor a recu zero camion au niveau de l'usine de SONACOS. Cette situation nous inquiete au plus haut point", a souligne le syndicaliste au cours d'un point de presse.   "L'annee derniere, nous avions recu 28.000 tonnes sur un objectif de 150.000 tonnes. La situation risque d'etre pire cette annee", estime Samuel Ndour qui denonce la "concurrence deloyale" des operateurs etrangers.   "Des operateurs etrangers sont alles jusque dans les villages pour acheter des graines et ramasser l'arachide au bord des champs. L'intervention de ces etrangers empeche l'industrie locale de vivre. C'est cette industrie locale qui paie les imports, cree de l'emploi. Un pays sans industrie ne peut pas se developper", a-t-il souligne.   "Plus de 6000 emplois perennes sont menaces entre Kaolack, Louga, Diourbel, Dakar et Ziguinchor. Si les autorites ne font rien, ce sera la catastrophe", a rencheri le secretaire general national des travailleurs des industries des corps gras.   Les syndicalistes des huileries locales n'ecartent pas de mettre a execution un plan de lutte pour "redresser les choses".    "Nous allons aviser les plus hautes autorites et les autres autorites administratives des differentes regions. Si les choses ne bougent pas, nous serons obliges d'etre en ordre de bataille avec l'organisation de marches jusqu'au ministere du Commerce", menace Samuel Ndour.   "Il est encore temps de rectifier le tir. Plusieurs tonnes de graine sont entre les mains des etrangers, mais les graines ne sont pas encore sorties du territoire national. Il faut faire quelque chose sinon ce sera la mort programmee de toutes les huileries locales", a-t-il mis en garde.