Kalidou Kasse expose Gis gis bu bees, sa nouvelle vision picturale

Culture

Dakar, 28 nov (APS) - Kalidou Kasse a entame, vendredi, au Musee des civilisations noires de Dakar, la celebration de ses quarante ans dans le metier de peintre, avec une exposition intitulee Gis gis bu bees (une nouvelle vision), pour explorer de nouveaux supports.   L'exposition, constituee d'une trentaine de toiles dont deux tapisseries, ouvre une perspective nouvelle pour l'artiste qui veut jeter un regard frais sur un monde eprouve, affirme son directeur artistique, El Hadji Malick Ndiaye.     Kalidou Kasse explore ainsi, par la radioscopie et l'echographie, deux techniques empruntees a la medecine, pour comprendre le monde et l'etre humain.   C'est une nouvelle demarche que je suis en train d'explorer, je me suis investi pour changer de paradigme, car je n'aime pas trop me repeter dans mon travail, explique Kasse, surnomme par Le pinceau du Sahel par le defunt critique d'art Iba Ndiaye Diadji.    On decouvre sur ses tableaux des ecritures qui renvoient aux hieroglyphes, mais aussi des taches bleues, une couleur symbole de la serenite et de la verite. Elles cotoient le noir, qui fait penser au macabre.    Nous faisons face a tellement de fleaux que le monde va a la derive. Avec ses atrocites humaines, on se demande si les etres sont normaux, commente Kalidou Kasse.   Il est important de radiographier les tetes, de les scanner pour savoir ce qui se passe parce que nous sommes malades, on sait qu'il y a quelque chose qui nous fait mal, mais nous ne savons pas de quoi il s'agit, ajoute le peintre.   Il s'interroge pour l'avenir, qu'il appelle l'apres-monde. Nous avons traverse une periode sombre. Comment redefinir notre environnement et nos rapports avec notre humanite ? questionne-t-il.   Ses tableaux sont faits de nouveaux materiaux, dont le canson, la toile de jute, l'encre et l'acrylique. Il s'interroge sur l'environnement, la pollution, l'education des enfants, etc. Il rend hommage a son pere, avec Kaddu, le titre d'un de ses tableaux. Je lui avais donne ma parole en lui disant que je voulais etre un artiste et non un cheminot comme il le voulait. Je me suis donne les moyens d'etre un artiste, mais un artiste professionnel, dit Kasse, qui rend aussi grace a Dieu, dans So Allah diami (Quand Dieu le veut, en pulaar), pour le destin qu'il a eu.   C'est quarante ans de parcours, de travail, de reflexion et de determination, resume le peintre.   El Hadji Malick Ndiaye estime que l'objectif principal de cette celebration, c'est le partage d'un bilan a mi-parcours, pour affronter le futur. Car, dans l'histoire de chaque artiste, il existe un temps ou faire le point devient vital pour la poursuite de l'itineraire, surtout en tant de crise, ajoute M. Ndiaye.    Votre action place l'art au centre de la vie et porte les couleurs du Senegal aux quatre coins du monde, poursuit-il, parlant de la carriere de Kasse.    Le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, a parle de la fierte du Senegal et de l'Afrique pour Kalidou Kasse, dont il dit ne jamais pouvoir distinguer le citoyen de l'artiste.    Kasse, selon M. Diop, fait partie de ces artistes qui se soucient de leur societe, de leur communaute. Je n'ai jamais reussi a distinguer le citoyen de l'artiste. Aujourd'hui, nous celebrons l'artiste, l'homme Kalidou, le citoyen. Je suis impressionne par sa capacite a s'interesser aux sujets les plus sensibles comme celui des enfants, a commente le ministre de la Culture et de la Communication.   L'exposition Gis gis bu bees se poursuivra jusqu'au 28 decembre prochain. Trois tables rondes sont prevues sur l'annulation de la dette, l'impact du Covid-19 et l'enfance, selon Kasse.