L'absence de statut juridique est un obstacle au bon fonctionnement de la Place du souvenir africain (administratrice)

Culture

Dakar, 13 nov (APS) - La Place du souvenir africain, construite a Dakar et inauguree en 2009, n'est pas encore dotee d'un statut juridique, malgre un processus entame en 2015 pour lui en octroyer, ce qui constitue un frein a son bon fonctionnement, a declare vendredi son administratrice generale, Ngakane Gningue Diouf.   L'absence de statut juridique constitue une faiblesse majeure de cet espace culturel dont l'une des missions est de promouvoir le panafricanisme en immortalisant les grandes figures, les heros de la science et de la culture africaine, a souligne Mme Diouf lors d'un atelier d'elaboration d'un plan de developpement de cet etablissement.   En 2015, un travail a ete entame pour donner un statut a la Place du souvenir africain, mais aussi a d'autres structures du ministere de la Culture et de la Communication. Il s'agit du Monument de la renaissance africaine, du Grand Theatre de Dakar, etc. a-t-elle rappele.   Il y en a qui ont eu leur statut, mais jusque-la, la Place du souvenir africain n'en a pas. Et c'est un frein a son bon fonctionnement, a declare Mme Diouf.   Elle souhaite qu'il soit donne a l'etablissement un statut juridique lui conferant une autonomie qui lui permette de fonctionner correctement.   Madjiguene Niang Moreaux, ancienne administratrice de la Place du souvenir africain, estime que la structure est confrontee a des problemes juridiques et a un contentieux survenu entre son concepteur, l'ex-president de la Republique, Abdoulaye Wade, et l'Etat du Senegal. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'espace culturel n'a jamais ete receptionne officiellement par le ministere de la Culture et de la Communication, qui assure sa tutelle gouvernementale.    A cause de cela, le statut juridique de cet espace pose encore probleme, a dit Mme Moreaux, actuelle directrice de la Galerie nationale.   A nous de [decider de] ce que nous voulons faire de ce lieu, a-t-elle ajoute lors de l'atelier.   Pour Abdoulaye Wade, il etait question, avec les professeurs d'histoire de l'universite Cheikh-Anta-Diop, de concert avec les chercheurs, les documentalistes et les bibliothecaires, d'elaborer un programme de documentation sur les grandes figures et les createurs africains dont les oeuvres ont participe a l'enrichissement du patrimoine mondial, a rappele l'ancienne administratrice generale de la Place du souvenir africain.    Amadou Faye, conseiller technique au ministere de la Culture et de la Communication, affirme qu'il n'existe pas de probleme lie au contenu de l'etablissement, mais un probleme de mise en oeuvre de ce contenu.    Des participants ont lance un appel a un recadrage des missions de l'etablissement. C'est le cas du professeur Ibrahima Wade, enseignant a la faculte des lettres et sciences humaines de l'universite Cheikh-Anta-Diop.   La Place du souvenir africain, c'est une memoire en creativite (...) Il faut chercher a rendre fecond ce que l'on a, a voir comment le vivifier, avec quel support, a-t-il propose.   D'autres intervenants ont souhaite la collaboration de cet espace culturel avec le Monument de la renaissance africaine et le Musee des civilisations noires. Ils estiment que les trois etablissements ont des missions similaires.    Il y a un cloisonnement entre la Place du souvenir africain, le Monument de la renaissance africaine et le Musee des civilisations noires, qui participent tous a la restauration de la memoire panafricaine. Il faut qu'ils collaborent beaucoup, a suggere Aliou Ndiaye, de la direction du patrimoine culturel.    La Place du souvenir africain, construit depuis une dizaine d'annees sur la corniche ouest de Dakar, fut un grand projet culturel de l'ex-president senegalais, Abdoulaye Wade.   C'est un espace erige pour immortaliser les grandes figures, les heros de la science et de la culture africaine.   A l'entree, un jet d'eau realise avec des canaris superposes vehicule le message de bienvenue et ouvre l'acces sur les deux pantheons, indique une note de presentation de l'etablissement.   L'un des pantheons dedie a la resistance accueille les figures de grands resistants de l'esclavage, de la colonisation et des temps modernes, alors que l'autre, celui de la culture, est en l'honneur des grands intellectuels, penseurs, ecrivains, artistes... ajoute la meme note.   Le Senegalais Sembene Ousmane (1923-2007), le pere du cinema africain, a ete le premier a occuper l'un des deux pantheons de cet espace.