Greenpeace Afrique preconise l'arret des emissions de gaz a effet de serre

Environnement

Dakar, 13 nov (APS)- Un rapport scientifique de Greenpeace Afrique, souligne l'urgence et la necessite de stopper les emissions de gaz a effet de serre a la source, en mettant un terme aux energies fossiles et de ne pas se cantonner uniquement a des mesures d'adaptation et d'attenuation pour lutter contre la crise climatique grandissante. Un rapport scientifique de Greenpeace Afrique revele une intensification des evenements meteorologiques extremes notamment les vagues de chaleur, les inondations et les pluies, augmentent en frequence et en gravite dans de nombreuses regions d'Afrique, menacant, la sante humaine, la securite alimentaire, la paix et la biodiversite. Publie, lundi, il indique que le climat en Afrique subsaharienne est devenu plus extreme et imprevisible au 20eme siecle, une tendance qui va devenir plus prononcee dans les decennies a venir selon les scientifiques du climat. Selon le document, les temperatures moyennes futures en Afrique devraient augmenter a un rythme plus rapide que la moyenne mondiale dans tous les scenarios de rechauffement. De plus, l'augmentation annuelle moyenne de la temperature pour une grande partie de l'Afrique devrait depasser 2 ou se situe entre 3 et 6 d'ici la fin du XXIe siecle si les emissions elevees se poursuivent deux a quatre fois au-dela de l'augmentation autorisee par l'Accord de Paris. Il souligne que la hausse de la temperature est susceptible d'entrainer des deces, des deplacements, des conflits lies au climat, des precipitations irregulieres, des penuries d'eau potable, une entrave a la production agricole et une extinction acceleree des especes africaines endemiques. La frequence, l'intensite et la duree des episodes de chaleur extreme devraient augmenter, suivant les tendances deja observees en Afrique australe, orientale et septentrionale. En Afrique du Sud, par exemple, tous les scenarios de modelisation climatique prevoient l'extinction de plus de 100 especes et certains scenarios de modelisation prevoyaient l'extinction de plus de 2 000 especes vegetales de la region florale du Cap. D'autres regions du continent devraient egalement connaitre l'extinction d'especes dans un climat mondial qui se rechauffe. Il explore la relation entre les evenements meteorologiques extremes et le changement climatique en Afrique. Le texte fait un etat des lieux des donnees scientifiques disponibles sur la facon dont la crise climatique devient incontrolable sur le continent africain, notamment a travers des vagues de chaleur extremes irregulieres, des inondations, des secheresses et des cyclones d'une ampleur sans precedent. En outre, souligne le rapport, les problemes lies au climat peuvent souvent etre ressentis de maniere disproportionnee dans les communautes les plus pauvres car elles sont les moins equipees pour faire face aux changements et s'y adapter. D'autre part, ce rapport met clairement en avant le role fondamental des oceans dans les conditions meteorologiques que connait actuellement l'Afrique. Bien que ce point ne soit pas aborde en detail dans ce rapport, il est important d'ajouter ici que la hausse des temperatures oceaniques constitue une menace pour certains ecosystemes fondamentaux et notamment pour les recifs coralliens. Devant ce constat, Greenpeace Afrique appelle les pays africains a partager une vision et une ambition communes en faveur des oceans, en adoptant notamment des mesures visant a proteger 30 % des oceans du globe d'ici a 2030. Concernant l'occupation des sols, la securite alimentaire et les forets, le rapport indique que la maniere dont les terres sont utilisees en Afrique est primordiale pour lutter contre les futurs effets des phenomenes meteorologiques extremes. L'agriculture, qui constitue une composante dominante de l'activite economique du continent est en effet, tres vulnerable face aux evenements climatiques et de nombreuses communautes ne disposent que de capacites limitees pour y faire face ou pour s'y adapter a moyen et long termes. A cet effet, les pays africains doivent par consequent adopter une approche globale pour leur agriculture et leurs forets qui permettent de garantir la securite alimentaire et la protection de leurs espaces forestiers. Passer a un mode d'agriculture biologique et revenir a des methodes agricoles traditionnelles seront donc essentiels pour que le continent parvienne a s'adapter a la crise climatique, conseille-t-on. Greenpeace souligne aussi qu'il est necessaire de preciser que bien que la majorite des pays africains soient considerablement vulnerables aux effets des conditions meteorologiques extremes, leurs emissions de gaz a effet de serre sont marginales par rapport aux quantites emises par les pays developpes. Aussi, les modeles energetiques que l'Afrique choisit aujourd'hui seront determinants pour atteindre l'objectif visant a limiter le rechauffement planetaire a 1,5 degC. Il est donc fondamental que les pays africains cherchent a se doter de sources d'energie 100 % renouvelables. C'est pourquoi des mesures doivent etre prises sans plus attendre pour renforcer la resilience aux evenements meteorologiques extremes et ainsi proteger les populations et garantir la securite alimentaire au cours des prochaines decennies.