L'exposition Heritage, un hommage du graffeur JonOne a l'Afrique

Culture

Dakar, 11 nov (APS) - L'exposition solo intitulee Heritage, du graffeur americain JonOne, dont le vernissage est prevu jeudi au Musee des civilisations noires de Dakar, se devoile comme un hommage rendu a l'Afrique et une rencontre de cet artiste vivant a Paris avec ses racines caribeennes.    Elle est composee de 26 oeuvres accrochees sur des cimaises, dans une salle du musee, de dix planches de surf taguees et disposees en cercle au milieu de la piece, d'une pirogue portant desormais la signature de l'un des artistes les plus cotes du street art en Europe, avec son style et ses couleurs vives, reconnaissables a premiere vue.     Le titre de l'exposition est tellement naturel pour moi... C'est ma connexion avec moi-meme, avec l'Afrique, avec mes racines caribeennes. Je viens de Saint-Domingue. La-bas, de l'autre cote, il y a Haiti, il y a l'histoire de l'esclavage dans cette ile, a explique l'artiste venu au Senegal pour se retrouver.    Je suis ici au Senegal ou il y a Goree, cette ile  memoire de l'esclavage, il y a un sens pour moi (...) d'etre ici, pour me retrouver... a souligne JonOne lors d'une conference de presse au Musee des civilisations noires, a Dakar.   L'artiste natif de Harlem, aux Etats-Unis, et vivant a Paris depuis 1987, ajoute : Souvent, on me demande pourquoi tu peins, pourquoi tu vis en France, pourquoi, pourquoi, etc. Il y a un sens pour moi d'etre ici.   JonOne, de son vrai nom John Andrew Perello, qui dit etre chanceux et honore d'etre au Senegal, estime que le monde entier doit quelque chose a l'Afrique.    'Heritage parce que le monde entier doit quelque chose a l'Afrique. Nous sommes tous des Africains, l'Afrique a influence le monde entier. Meme si certains ne le reconnaissent pas, moi je le reconnais. 'Heritage' est un hommage a l'Afrique, souligne le graffeur.   Il dit vivre sa passion avec le street art et essaie de vehiculer une energie, a travers ses oeuvres tres coloriees, avec des messages abstraits.   Sa collaboration avec des artistes de Soumbedioune, avec une pirogue taguee et exposee au Musee des civilisations noires, a ete un echange fructueux, selon l'artiste.    Apres ses tags sur les metros de New-York et ses toiles a Paris, l'artiste a peint sur une pirogue et des planches de surf, a Dakar.    Je ne suis pas pret a peindre sur n'importe quel support (...) Je peins sur quelque chose qui me parle et rentre dans la dimension de mes envies (...) Une pirogue represente l'espoir, c'est artisanal, c'est un bel objet. J'ai passe un tres bon moment avec les artistes de Soumbedioune, j'ai vu un autre cote du Senegal. Leur peinture est tres technique, tres traditionnelle, cela m'a fait reflechir, s'est rejoui JonOne.   A Dakar, il a egalement collabore avec Docta - de son vrai nom Amadou Lamine Ngom -, considere comme le pere du graffiti senegalais.   Il a discute avec des etudiants en arts, les invitant a assouvir leur passion. Mon moteur, c'est ma passion. Personne n'est plus passionne que moi de mon travail. Ma peinture m'a permis de franchir les frontieres, leur a-t-il dit.   Apres Abidjan en fevrier dernier, JonOne expose au Senegal jusqu'au 22 novembre prochain. L'exposition Heritage est organise par la galerie Art Time, basee en Cote d'Ivoire.