Le DG de l'ISRA deplore les pertes occasionnees par les bio agresseurs

Agriculture

Dakar, 21 oct (APS) -  Le directeur general de l'Institut senegalais de recherches agricoles (ISRA), Dr Alioune Fall a deplore, mercredi, les pertes agricoles liees aux bio agresseurs qu'il a estimees entre 30 et 40 % de la production annuelle.   Les pertes liees a ce qu'on appelle les bio agresseurs a savoir les criquets pelerins, la chenille legionnaire, la tuta absoluta etc que nous avons actuellement au niveau rural, c'est des pertes trop elevees qui peuvent aller jusqu'a trente quarante pourcent, a-t-il declare, a l'occasion de la ceremonie de presentation de deux projets de l'Union europeenne (ABEE et CaSSECS), destines a augmenter la production agricole et la resilience des agriculteurs. Dans le cadre de sa participation a la conference de l'Alliance mondiale des Press Clubs pour le Climat et pour souligner la dynamique environnementale d'une region particulierement vulnerable au changement climatique, la Delegation de l'UE a Dakar en collaboration avec le Club de la Presse du Senegal a  presente, mercredi, deux projets visant a augmenter la production agricole et la resilience des agriculteurs.   Il s'agit des projets ABEE (Renforcement des reseaux et des capacites institutionnelles en amelioration des plantes pour le developpement de culture resilientes repondant aux besoins des paysans d'Afrique de l'Ouest) et CaSSECS (Carbon Sequestration and greenhouse gas emissions in (agro) Sylvopastoral  Ecosystems in the Sahelian CILSS States).   La rencontre avait pour theme : Quand les agriculteurs au Sahel s'adaptent au changement climatique. Pour limiter ces pertes, le directeur general de l'Institut senegalais de recherches agricoles a estime qu'il faut travailler sur ces agresseurs biotiques ou abiotiques pour permettre a notre agriculture de devenir encore plus durable dans le temps.   Imaginez si on pouvait limiter ces pertes, ca pourrait nourrir combien de personnes au Senegal et dans la region?, s'est-il interroge.   C'est pour cette raison, a-t-il dit que le ministere de l'Agriculture, conscient des enjeux, travaille a travers tous ses demembrements, au-dela meme de ce phenomene, a la production de semences certifies de qualite, prenant en compte le bilan hydrique des besoins en eau des plantes, compte tenue de changements climatiques.   Le directeur executif du CORAF, une association internationale a but non lucratif qui oeuvre pour la prosperite et la securite alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l'Ouest et du Centre, a souligne l'importance de lutter contre ces bio-agresseurs.  Quarante-huit millions de personnes nous louerons si nous reussissons, ou nous blamerons si nous ne le faisons pas, a dit Dr Abdou Tenkouanou.   Selon lui, la facon de voir l'agriculture en Afrique doit etre changee a travers une recherche transformatrice qui mene a l'impact societal, en utilisant une approche integree verticalement et horizontalement.   A l'en croire, l'agriculture est sous la pression de multiples perturbateurs avec notamment le changement climatique comme principal moteur, apportant des risques biologiques qui sont nouveaux dans la region ou qui ont ete endemiques a la region, mais trouvent un nouveau creneau pour prosperer au detriment de la production agricole.   Dr Abdou Tenkouanou est d'avis que l'une des meilleures facons d'ameliorer cette chaine de valeurs est de maitriser la problematique de l'eau en la considerant comme un veritable intrant au meme titre que les semences ou encore l'engrais, afin de parvenir aux acteurs de cultiver toute l'annee.   Il a par ailleurs deplore le financement faible de la production agricole dans la region.   Aujourd'hui, l'argent semble faire surface de partout en ce temps de crise pour les interventions d'urgence evaluees a quarante-cinq mille milliards de francs CFA, a-t-il indique, soulignant que le seizieme de cette forte somme aurait suffit pour booster l'agriculture, secteur cle pour la survie et le developpement.