La CEDEAO exige le retablissement d'Ibrahima Boubacar Keita dans ses fonctions

Afrique

Dakar, 20 aout (APS) - Les chefs d'Etat et de gouvernement de la Communaute economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont exige jeudi "le retablissement immediat du President Ibrahim Boubacar Keita en tant que President de la Republique" du Mali, "conformement aux dispositions constitutionnelles de son pays".   Au pouvoir depuis 2013, Ibrahima Boubacar Keita a annonce tard dans la nuit de mardi sa demission, apres avoir ete arrete par des mutins, puis emmene au camp militaire de Kati, pres de Bamako. Il est depuis lors detenu dans cette ville-garnison en compagnie de plusieurs responsables de son regime.   Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques du Mali (M5-RFP) reclamait depuis plusieurs mois sa demission.   Devant le coup de force des mutins, les chefs d'Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont hausse le ton, jeudi, lors d'un sommet extraordinaire organise par visio-conference, sur la situation socio-politique au Mali.    En plus de reclamer le retour d'Ibrahim Boubacar Keita, ils ont exige "le retablissement immediat de l'ordre constitutionnel" dans le pays, rapporte un communique parvenu a l'APS.   Et tout en condamnant "avec la plus grande vigueur la tentative de renversement" d'Ibrahima Boubacar Keita, "Chef d'Etat elu democratiquement par le peuple malien", ils "denient toute forme de legitimite aux putschistes".   Ils exigent "la liberation immediate et sans conditions" du president dechu et de "tous les officiels arretes".   Les chefs d'Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont saisi l'occasion pour rappeler aux auteurs du coup d'Etat "leur responsabilite individuelle et collective sur la surete et la securite du President Ibrahima Boubacar Keita et des officiels arretes".   Ils annoncent aussi la suspension du Mali de "tous les organes de Decision de la CEDEAO avec effet immediat, conformement au Protocole Additionnel sur la Democratie et la Bonne Gouvernance et ce, jusqu'au retablissement effectif de l'ordre constitutionnel".   Ils ont reaffirme la "fermeture de toutes les frontieres terrestres et aeriennes ainsi que l'arret de toutes les transactions financieres et de tous les flux economiques et commerciaux entre les membres et le Mali, sauf pour les denrees de premiere necessite, les medicaments et autres produits et equipements de lutte contre la Covid-19, les produits petroliers et l'electricite".   Ils invitent "tous les partenaires a faire de meme" et demandent "la mise en oeuvre immediate d'un ensemble de sanctions contre les militaires putschistes et leurs partenaires et collaborateurs".   Les dirigeants ouest-africains ont par ailleurs decide de "depecher immediatement au Mali une delegation conduite par le Mediateur et comprenant le President du Conseil des ministres, et le President de la Commission, avec pour mission d'oeuvrer au retour rapide de l'ordre constitutionnel".   De meme ont-ils demande "la montee en puissance de la Force en Attente de la CEDEAO".   Ils annoncent vouloir se reunir en visioconference dans une semaine, en vue de proceder a une evaluation de la situation, "a la lumiere du compte rendu de mission de la delegation conduite par le Mediateur".