L'ecrivain Begong-Bodoli Betina demande la levee de l'embargo sur les armes en Centrafrique

Afrique

Saint-Louis, 3 aout (APS) - L'ecrivain centrafricain Begong-Bodoli Betina appelle le Conseil de securite des Nations unies a lever l'embargo sur les armes a destination de la Centrafrique, une mesure qui infantilise l'Etat et le peuple centrafricain.   Mardi 28 juillet, les membres du Conseil de securite des Nations unies ont, a l'unanimite, prolonge d'un an l'embargo sur les armes destinees a ce pays d'Afrique centrale.   En adoptant la resolution 2536, le Conseil de securite decide que, jusqu'au 31 juillet 2021, tous les Etats membres devront continuer de prendre les mesures necessaires pour empecher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects d'armements a la Centrafrique, a partir de leur territoire, a travers leur territoire ou par leurs ressortissants, au moyen de navires battant leur pavillon ou d'aeronefs immatricules chez eux.   Dans ses neuf derogations, le Conseil evoque pour la premiere fois des livraisons de lance-roquettes et de munitions specialement concues pour ces armes.   Ce nouvel assouplissement de l'embargo sur les armes vise a repondre aux besoins specifiques des forces de securite centrafricaines, a explique la France, porte-parole de la resolution qui a rappele que les Quinze ont deja procede a trois assouplissements depuis le debut de l'embargo.   Il est temps de lever cet embargo inique qui empeche les Centrafricains de s'unir sous leur banniere et de s'exclamer : la Centrafrique debout dans l'unite, dans la dignite et dans le travail, a reagi Begong-Bodoli Betina, professeur titulaire a l'Universite Gaston-Berger de Saint-Louis (nord).   Cette reconduction survient au moment ou, a travers leurs resolutions successives, les membres du Conseil ont donne un mandat robuste a la Minusca (la mission des Nations unies en Centrafrique) en lui permettant de proteger la population civile centrafricaine et, au besoin, d'imposer la paix, fait-il observer dans une lettre ouverte aux Nations unies.   L'universitaire centrafricain affirme, s'adressant aux Etats membres du Conseil de securite des Nations unies, que son pays est en train de vitre le martyre. Un martyre qui, pour la majorite des peuples du monde, est meconnu, souligne-t-il.   M. Betina, president du Mouvement patriotique africain, un parti politique centrafricain, rappelle que lorsqu'en 2013 l'ONU imposait a la Centrafrique l'embargo sur les armes, l'illegalite et l'illegitimite de [la] prise du pouvoir par la Seleka en etaient le motif principal. La Seleka, une rebellion constituee majoritairement de musulmans, a chasse du pouvoir le president Francois Bozize, en mars 2013.   Il etait alors question, selon Begong-Bodoli Betina, d'une levee de l'embargo en cas de retour de la RCA a un regime democratiquement elu. Qu'en est-il sept ans apres ? s'interroge-t-il, deplorant qu'aujourd'hui encore, alors que la Centrafrique a democratiquement elu un president depuis 2016, cette epee des rebelles reste toujours suspendue sur la tete de nos dirigeants.   M. Betina invite le Conseil de securite a entendre les geignements, les cris, les rales du peuple centrafricain contre l'embargo sur les armes.   Mesdames, messieurs les membres du Conseil de securite [des Nations unies], vous devez lever l'embargo desormais injuste, qui etouffe et phagocyte le peuple centrafricain en castrant [son] Etat, le rend sterile. Et cet embargo aneantit les efforts de l'Etat livre pieds et poings lies a ces bourreaux qui ne recoivent leurs ordres que de leurs commanditaires etrangers, soutient l'universitaire.   Il estime qu'a travers les resolutions successives du Conseil de securite, un mandat robuste est donne a la Minusca, lui permettant de proteger la population civile centrafricaine et, au besoin, d'imposer la paix.   La Minusca - Mission multidimensionnelle integree des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique - est une operation de maintien de la paix, creee le 10 avril 2014 par le Conseil de securite des Nations unies.