Vers un lobbying des organisations féminines pour l'amélioration de leur condition

1

Dakar, 24 juin (APS) - Plusieurs organisations de femmes, regroupées en associations, ont, au cours d'un récent séminaire organisé à Saly et axé sur la conceptualisation du budget selon le genre, insisté sur la nécessité du lobbying féminin pour une prise en compte effective de leurs préoccupations. Estimant qu'il ne suffit plus de tirer des recommandations et faire des plaidoyers, elles ont tiré la sonnette d'alarme pour que les décideurs politiques et économiques s'attèlent à l'amélioration des conditions de la femme. Elles les ont également invité à travailler aux moyens de lutter contre la pauvreté, conformément aux objectifs du millénaire. Elles ont dénoncé le manque de suivi et la non application des engagements tirés de leurs différentes rencontres organisées dans ce cadre. Nous devons changer de méthodes si nous voulons avancer dans notre bataille pour une prise en compte effective de la dimension genre et pour le respect et l'application des droits de la femme, affirme Abibatou Ndiaye, présidente de la Fédération des associations féminines du Sénégal (FAFS). Selon elle, la plaidoirie ne suffit plus. Elle a recommandé la constitution d'un groupe de pression fort et capable d'infléchir les choses en faveur des femmes qui représentent plus de 51 pour cent de la population. Une réflexion que partage sa collègue du Réseau des femmes africaines économistes (REFAE), Nogaye Diop. Pour que la promotion des droits de la femme ait un impact, les femmes devraient se regrouper et s'outiller suffisamment pour décentraliser les informations vers la base, selon Mme Diop. Elle a déploré, sous ce rapport, le manque de solidarité entre les femmes logés au niveau décisionnel et celles confinées à la base. Il n'y a pas assez de solidarité entre les acteurs au niveau macro, micro et exactement au niveau méso, a-t-elle souligné, poursuivant : Nous devons vite corriger cela et je pense que le noyau dur qui vient de se constituer avec cinq organisations va s'y atteler, en impliquant tous les actrices et acteurs. Au Conseil sénégalais des femmes (COSEF), la dynamique semble être bien en place depuis dix ans, selon Rokiatou Gassama qui explique le COSEF mène, depuis cette date, un combat pour l'accès des femmes aux instances de décisions. Le lobbying nous permettrait de construire une force qui peut impulser les décideurs à prendre la dimension genre ou la question des femmes dans différents domaines, a-t-elle indiqué. Ces organisations féminines soutiennent qu'il serait judicieux d'associer autant que possible les hommes sensibles à la disparité des genres, ou en tout cas d'autres acteurs qui sont suffisamment sensibles à cette approche, afin de donner plus de poids à leur mouvement. BS/BK/ADC/DD/POC ---- 16h 19mnGMT