Covid-19 : un expert préconise la mise en place d’une stratégie de relance des industries créatives après la crise

Culture

‘’Il nous faudra évaluer l’impact de la crise sur l’économie de la culture, afin de concocter une stratégie de relance des industries culturelles et créatives. La culture sera affectée sans commune mesure dans beaucoup de pays, où déjà, elle n’a jamais été une priorité’’, a dit M. Ba dans un entretien accordé à l’APS    Pour lui, le ministère de la culture et de la communication à travers sa cellule des études, de prospection et de planification doit mettre en place un comité d’évaluation de l’impact du Covid 19 sur la culture et à partir de cette évaluation, précise-t-il, ‘’ un plan d’aide sera proposé pour financer les industries culturelles et créatives pourvoyeurs d’emplois déjà affectées par la pandémie’’.   ‘’Les artistes vont devoir lutter pour assurer leur subsistance voire leur survie. Je pense qu’il faut éviter la distribution d’argent. Il ne s’agit pas d’aider tous ceux qui se réclament artistes, mais d’identifier les entreprises culturelles, les acteurs culturels en activité qui peuvent prouver un impact négatif du covid 19 sur leurs entreprises ou programmes’’, estime Thierno Diagne Ba.    Il peut s’agir, poursuit-il, d’une aide ou subvention pour relancer des festivals, des spectacles et des concerts annulés, pour payer certains salariés des entreprises culturelles en difficultés, les cessions de droits déjà engagées, ou d’annuler les impositions des entreprises culturelles pour deux à trois ans ou un prêt sans intérêt pour reprendre certaines productions suspendues à cause du virus , ou encore une garantie de prêt auprès des banques, etc.    Sur ce plan de relance où l’engagement de l’Etat sera ‘’un gage’’ fait-il valoir, il sera fondamental de revoir les différents fonds dédiés à la culture.    ‘’Il est fondamentale aussi de voir comment les différents fonds de la culture, à savoir le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (FOPICA), le Fonds de développement des cultures urbaines (FDCU), le Fonds d’aide à l’édition, etc., pourront reprendre au plus vite, afin de relancer la création et l’activité culturelle’’, ajoute-t-il.   M. Ba, gestionnaire des industries culturelles, propose la révision des institutions culturelles qui, selon lui, ne sont toujours pas préparées à faire face à une telle crise.   ‘’Dans le domaine de l’audiovisuel le +Registre public de la cinématographique et de l’audiovisuel+ toujours pas mis en œuvre est un outil pour maîtriser le secteur à travers les contrats en conférant une sécurité juridique’’, dit-il.    Selon lui, il aurait été plus facile avec ce registre d’avoir les contrats en cours, les entreprises de production en activité et de les aider à continuer leurs activités.    Ce même modèle peut être, dit-il, appliqué à la direction des arts pour y enregistrer tous les contrats des intermittents de spectacle, les contrats professionnels d’auteurs, de compositeurs, les concerts, les spectacles de théâtres, etc.    ‘’Ce registre permettra d’identifier tous les acteurs culturels en activité et de leur donner une sécurité juridique. Des institutions du patrimoine comme les musées, la Galerie nationale, le Monument de la renaissance, etc, devraient investir davantage dans le virtuel’’, fait valoir Ba.    L’après Covid 19, selon Thierno Diagne Ba, est ‘’plein d’incertitudes, d’atermoiements’’. ‘’Je ne serai pas surpris si certains fonds de financement tarderont à être crédités. La riposte au Covid 19 sera tout d’abord nationale avant d’être globale. Ce qui est sûr c’est que nous avons besoin de culture pour la résilience, pour réparer les peines, susciter la réflexion et le rêve’’.   Thierno Diagne Ba auteur du livre ‘’L’industrie cinématographique au Sénégal – Etat des lieux et proposition d’une nouvelle stratégie à l’ère du numérique’’ publié en 2014 est titulaire d’un master en gestion des entreprises culturelles à l’université Senghor d’Alexandrie (Egypte).