Action climatique : l’Afrique mise sur des ressources additionnelles (officiel)

Environnement

Dakar, 25 nov (APS) -  Le président du comité national changement climatique (Comnacc) du Sénégal, Ousmane Fall Sarr, a déclaré lundi que l’Afrique souhaite mobiliser des ressources additionnelles, en vue de pouvoir financer l’action climatique dans ses différents pays.    Dans le cadre des négociations, "il y a toute une discussion sur la finance climatique. Comment on doit la concevoir, quelle est la définition qu’on doit lui donner, allant dans le sens de ce type de financement nouveau et additionnel, afin que l’on ne puisse pas mélanger financement additionnel et celui développement", a-t-il fait observer.   "Il y a toute une réflexion là-dessus. La position africaine est très claire pour pouvoir mobiliser des ressources additionnelles pour le financement de l’action climatique au niveau de nos pays", a-t-il ajouté. Il intervenait au cours de la réunion technique de validation du document de la contribution nationale déterminée (CDN), référentiel du Sénégal en matière de lutte contre les changements climatiques.   Concernant le marché carbone, il a rappelé qu’un article de l’Accord de Paris prévoit une coopération entre les pays, pour pouvoir réduire les émissions de gaz à effet de serre. "Cette collaboration entre les pays doit se faire sur la base d’un certain nombre de règles et de procédures pour éviter que les mêmes unités de réduction soient comptabilisées dans les deux pays", a-t-il précisé.   Il n’en demeure pas moins que ces ajustements restent selon lui complexes dans la mesure où les pays n’ont pas la même CDN. "Certains pays ont des CDN couvrant l’ensemble des secteurs de l’économie, là ou d’autres ont une approche de réduction par rapport à la situation sans mesurer", avance-t-il.    Il indique qu’il y a des questions techniques auxquelles on peut recourir "pour pouvoir s’accorder sur les modalités des ajustements correspondants".    L’autre problématique est la transition liée aux mécanismes de développement propres (MDP), un mécanisme de flexibilité du protocole de Kyoto (Japon) qui va prendre fin en 2020.    A ce propos, il indique que le groupe africain veut que les prélèvements soient effectués sur l’ensemble des mécanismes alors que d’autres pays ne sont pas pour cette option. D’où l’importance, dit-il, de négocier sur ce point.    Un point "hautement" politique concerne les revenus qui pourraient être tirés du MDP pour alimenter le fonds d’adaptation, remarque-t-il. "Nous voulons que toutes ces questions soient prises en compte par nos décideurs politiques pour qu’une fois arrivé à Madrid, que l’on puisse défendre cela, est être en phase avec les techniciens", a conclu le président du COMNACC. L'édition 2019 de la conférence internationale sur le climat, COP25, se déroulera du 2 au 13 décembre à Madrid, en Espagne, qui va finalement abriter cette rencontre en lieu et place du Chili, qui y a renoncé en raison de la crise sociale qui secoue ce pays.