Gestion de la migration : Ndioro Ndiaye préconise une structure interministérielle

1

On ne peut pas tout simplement dire qu'on a créé un ministère chargé des Sénégalais de l'extérieur ou dire qu'on a créé une direction de la diaspora pour croire qu'on a une politique migratoire. Certes, c'est mieux que rien, mais ce n'est pas suffisant et ce n'est pas ce qui est demandé, a déclaré Mme Ndiaye, dans un entretien paru, mardi, dans le journal Le Quotidien. Le fait de s'occuper de la diaspora est une excellente chose. Personne n'en disconvient. Mais une politique migratoire est beaucoup plus large, beaucoup plus inclusive, plus multisectorielle, plus pluridisciplinaire et sa gestion doit être interministérielle, a-t-elle expliqué. Ainsi, a-t-elle suggéré la mise sur pied d'une structure interministérielle, si l'on veut trouver des réponses pertinentes aux questions migratoires. Cette structure ne doit pas être logée ni au ministère des Affaires étrangères, ni à l'Intérieur, encore moins aux Finances. Parce que tous ces ministères sont partie prenante dans la gestion de la migration, a dit Mme Ndiaye, ancienne ministre sous Abdou Diouf. Elle invite par ailleurs à redessiner le dialogue entre les pays d'origine des migrants, ceux de transit et d'accueil, convaincue que le co-développement ainsi que l'approche sécuritaire de la migration avec le FRONTEX ont montré leurs limites. Il nous faut un dialogue franc qui puisse déboucher sur un partenariat égalitaire permettant de profiter réciproquement des bienfaits de la migration, affirme la présidente de l'AMLD. A la tête de l'AMLD, depuis son départ de l'Organisation internationale de la migration (OIM), Ndioro Ndiaye est d'avis que l'Europe ne peut pas fermer ses portes, parce qu'elle a besoin de ressources humaines de bonnes qualités qui foisonnent en Afrique. L'AMLD est une plateforme d'experts spécialistes des questions migratoires.