La grève du CUSEMS perturbe la reprise des cours à Dakar

Elevage

Une ambiance de récréation règne dans la cour du lycée Lamine Guèye niché en plein centre ville de Dakar. Pourtant il n'est que 9 heures passées dans cet établissement. Les salles de cours sont désemplies. La salle des professeurs n'est pas loin d'afficher le plein. Ici, la plupart des enseignants ont décidé de retourner dans les classes, mais les élèves ont boudé. Cette fois-ci, ce ne sont pas les enseignants. Les élèves ont fait sortir tous leurs camarades, alors qu'on était en plein cours, se précipite un enseignant, cartable à la main et sur le point de rentrer. Si ce ne sont pas les enseignants, ce sont les élèves. C'est très dommage pour l'école publique sénégalaise qui plonge de plus en plus dans une crise profonde, regrette M. Diop, professeur d'anglais au lycée Lamine Guèye. Dans cet établissement les élèves ont décidé ce lundi d'aller en grève pour réclamer une reprogrammation de la date de l'examen du Baccalauréat. Il nous reste moins de deux mois avant la tenue des examens, alors que nous n'avons même pas fait 50% de notre programme. Nous luttons pour que l'Etat repousse la date des examens prévus pour le 30 juin prochain, explique un élève assis sur l'un des bancs en ciment implantés un peu partout dans la cour de l'établissement. Mais cette grève déclenchée par les élèves n'emporte pas l'adhésion de tous. C'est vrai, nous sommes en retard sur notre programme. Ce serait une aubaine pour nous si on repoussait la date de l'examen du Bac. Mais la grève, ce n'est pas la solution, parce que ce sont encore des heures perdues pour un combat qu'on n'est pas sûr de remporter, analyse Mamadou Gaye, élève en classe de Terminale S2. Le président de l'Amicale qui a déclenché la grève ne fait même pas Terminale. Il est en classe de Première. Je me demande même s'il pense aux élèves de Terminale en perturbant les cours à moins de deux mois de l'examen, s'emporte Abdoulaye, élève de Terminale. Au CEM Blaise Diagne, la même ambiance de récréation règne dans la cour de l'établissement. Ici la reprise des cours est partielle. Le mot d'ordre de grève du CUSEMS qui déroule son onzième plan d'action ce lundi est passé par là. Selon le représentant syndical du CUSEMS dans cet établissement, Abou Amadou Sow, on ne peut pas parler de reprise. Nous ne sommes mêlés ni de près ni de loin à une levée ou suspension du mot d'ordre. Nous entamons aujourd'hui notre onzième plan d'action. C'est évident, les cours vont continuer à être perturbés, soutient M. Sow. Dans cet établissement peu de classes font cours, obligeant les élèves à observer des heures intercalées. Nous avons fait cours le matin, mais en ce moment, on est en pause, parce qu'un de nos professeurs est en grève. Mais nous reprendrons les cours à midi avec un autre qui n'est pas concerné par le mouvement de grève, confie un jeune collégien qui taille bavette avec des amis dans la cour de l'établissement.