Les chefs religieux invités à s'impliquer dans l'atteinte des OMD 4 et 5

Collectivités locales

"Ce sont des leaders d'opinion et sont toujours en contact avec les populations qu'ils rencontrent au quotidien et qui les écoutent, pour dire que ce sont des éléments clés d'une communication pour un changement de comportement", a-t-elle déclaré. Rokhaya Thiam intervenait lors d'une conférence publique à Yoff, à l'initiative du Cadre de concertation des leaders religieux sur la santé et le développement (CCSD). Cette manifestation est organisée en collaboration avec Word Faiths Développement Dialogue (WFDD). Cette structure accompagne les chefs religieux du CCSD dans leurs efforts visant à établir un dialogue entre le ministère de la Santé et de la l'Action sociale et les communautés religieuses vivant au Sénégal. Mme Thiam, sage-femme d'Etat de formation, a fait noter que pour l'atteinte des OMD 4 et 5, la planification familiale demeure "une stratégie majeure" pour la promotion de la santé de la mère et de l'enfant. Il faut en cela compter sur les chefs religieux en les sensibilisant sur le bien fondé de la planification familiale, a fait valoir la directrice de la clinique Ya-Sin. "Nous avons choisi de sillonner presque tous les quartiers de Dakar et ainsi, aller trouver les chefs religieux là où ils se trouvent avec leurs dahiras et discuter avec eux sur le bien fondé de la planification familiale", a-t-elle dit, s'adressant aux membres du dahira de Cheikh Abdoulahhi Sylla, "moukhadam" de Baye Niasse, qui recevait le CCSD. L'OMD 4 vise à réduire la mortalité infantile et post-infantile à deux tiers du taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans en le ramenant à 44 pour 1000 naissances vivantes. Le point 5 des OMD concerne l'amélioration de la santé maternelle avec la réduction de la mortalité maternelle actuellement de 127 décès pour 100.000 naissances vivantes. Selon Cheikh Saliou Mbacké, coordonnateur du cadre de concertation des leaders religieux sur la santé et le développement (CCSD), les chefs religieux et leaders d'opinion devraient s'intéresser davantage à la question de la mortalité maternelle. "Nous avons la bénédiction de toutes les familles religieuses que nous avons visitées (...), nous allons directement vers les communautés à travers les dahiras disséminés un peu partout dans les quartiers de Dakar et les régions du Sénégal", a-t-il soutenu. Etant entendu que "l'espacement des naissances est permis par l'islam avec le +tanzilou naslou+ (coït interrompu), nous allons nous limiter aux enseignements strictes de l'islam, a-t-il précisé. L'islam est une religion qui symbolise la modernité et ne peut être opposée à la planification familiale, a pour sa part fait valoir Cheikh Abdoullahi Sylla. "Le monde évolue et notre religion marche avec cette évolution" a-t-il déclaré, soulignant que du temps du Prophète Mouhammed (PSL), la planification familiale existait sous une autre forme et doit donc simplement être adaptée aux enjeux actuels.