Le gouvernement ne signera pas des accords sans les respecter, selon Macky Sall

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"Le gouvernement ne procédera jamais à la signature d'accords quand il est convaincu qu'il ne pourra pas les respecter, dans le cadre de la prise en charge des revendications des organisations de travailleurs", a soutenu le président de la République. "Il faut que les accords signés (…) soient respectés. J'ai dit aux membres du gouvernement de ne jamais signer un accord qu'ils ne peuvent pas respecter", a insisté Macky Sall lors de la cérémonie de réception des cahiers de doléances des confédérations syndicales, à la présidence de la République. Le Premier ministre Mahammed Dionne et plusieurs membres du gouvernement, des délégués d'organisations de travailleurs et d'organisations patronales ont participé à cette cérémonie, à l'occasion de la célébration de la Fête internationale du travail. "Soyons explicites dans nos démarches et sur nos moyens", a lancé le président Sall, répétant qu'un gouvernement, comme une organisation syndicale, ne doit pas prendre un engagement sans être en mesure de l'honorer. Il a évoqué "une nouvelle démarche" adoptée par son gouvernement, qui est faite de "diligence" et de "rigueur", en ce qui concerne les revendications d'ordre social. "Pour calmer les grévistes, les gouvernements ont toujours signé des accords sans jamais les respecter. Telle n'est pas ma démarche", a soutenu Macky Sall, d'un ton ferme. "Désormais, a poursuivi le chef de l'Etat, tout ce que le gouvernement va signer sera respecté (…) Tout ce qui peut être fait le sera, tout ce qui ne peut pas être fait ne sera pas fait." La Fête internationale du travail arrive cette année dans un contexte marqué par une profonde crise scolaire au Sénégal, les cycles élémentaire, moyen et secondaire étant paralysés, depuis février, par la grève des enseignants. Trente-cinq organisations syndicales membres du Grand cadre des syndicats de l'enseignement (GCSE) déroulent depuis trois mois une série de "plans d'action" comprenant des grèves, des débrayages et des "marches". Leurs militants veulent de la sorte emmener leur employeur, l'Etat en l'occurrence, à appliquer un protocole d'accord signé avec le gouvernement le 14 février 2014. Ils dénoncent "les lenteurs administratives" sur la titularisation des professeurs et maîtres contractuels, réclament le paiement de leur indemnité de logement et exigent le respect, par le gouvernement, d'autres revendications contenues dans ce protocole d'accord.