Un officiel milite pour la vulgarisation du droit de suite"

Genre

Le conseiller technique numéro un du ministre de la Culture et de la Communication était l'invité vendredi de la 4e édition de l'After work culturel "SN Art". Cette manifestation mensuelle est co-organisée par la revue Afrikadaa et la plateforme Agendakar. "Le droit de suite concerne les arts visuels et graphiques, les sculptures et les photographies, a expliqué Abdoul Aziz Dieng au cours de cette rencontre dont les débats portaient sur "Droit d'auteur : enjeux et stratégies". Le directeur général de cette Société de gestion collective, Bouna Manel Fall, Daniel Gomes de l'Association des métiers de la musique (AMS) et le dessinateur et designer graphique Muzz Joob, de son vrai nom Moustapha Diop, participaient à cette rencontre. Le droit de revente dispose que 5 pour cent du prix de revente d'une œuvre doit revenir à son auteur dont la famille pourra également bénéficier des retombées financières induites par sa création, 70 ans après sa mort, a précisé Abdoul Aziz Dieng. De l'avis de M. Dieng, "en faisant prévaloir le droit de suite", les artistes travaillent non seulement pour eux-mêmes mais également pour leurs enfants. Il a rappelé que le droit de suite existait sous l'ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor, mais le décret d'application correspondant "n'avait jamais été voté". Les transactions concernées sont celles mettant en relation des professionnels, à partir d'un seuil de perception fixé à 200.000 francs CFA au Sénégal, "c'est-à-dire il faut que l'œuvre puisse se vendre à 200 mille FCFA pour que le droit de suite puisse s'exercer". "Le contexte mondial du droit de suite est très important car certains pays ne le reconnaissent pas comme les Etats-Unis, la Chine, la Suisse, l'Angleterre, a-t-il renseigné. C'est la raison pour laquelle beaucoup de ventes aux enchères sont délocalisées aux Etats-Unis, car 5% de plusieurs centaines de millions ou de milliards, c'est de l'argent". Cette situation justifie la campagne mondiale initiée pour l'universalisation du doit de suite, si l'on en croit l'ancien président du conseil d'administration du Bureau sénégalais du droit d'auteur, remplacé par la Nouvelle société de gestion collective. "Nous n'avons pas été à l'initiative de cette campagne, mais le Sénégal a accepté de porter cette campagne en Afrique et a commencé à poser le problème au sein de l'Organisation mondiale pour la propriété intellectuelle (OMPI) pour que celle-ci puisse inscrire la question du droit de suite à son ordre du jour et ainsi aboutir à un traité", a-t-il déclaré. Cette initiative s'inscrit selon lui dans un contexte favorable, si l'on sait que "la Chine va dans sa prochaine loi introduire le droit de suite, l'Europe va obliger l'Angleterre à appliquer le droit de suite dans sa législation, le Parlement suisse vient de reconnaître le droit de suite sans l'inscrire pour l'instant dans sa loi. De même, "le Congrès américain a récemment produit un rapport plus favorable au droit de suite et beaucoup de grands artistes américains se mobilisent (…) en faveur de cette initiative en s'éveillant à leurs droits, a-t-il dit. Dans le cadre de l'universalisation du droit de suite, a fait valoir le conseiller technique numéro un du ministre de la Culture et de la Communication, "le principe de la réciprocité va fonctionner, car quand un pays ne reconnait pas le droit de suite, cela pénalise les artistes (...). Cette "campagne est donc importante", puisqu'il "y a une explosion du marché des arts visuels actuellement", a estimé Abdoul Aziz Dieng, avant d'inviter les artistes à adhérer à la Nouvelles société de gestion collective et à signer la pétition sur la campagne internationale du droit de suite. Le Président Macky Sall a adopté le 9 avril dernier en conseil des ministres le Projet de décret portant application de la loi sur le droit d'auteur et les droits voisins, en date du 25 janvier 2008.