L'Europe est divisée sur la politique d'immigration, estime un analyste

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Abordant l'actualité, avec les récents naufrages dans la Méditerranée, provoquant la mort de plusieurs centaines de migrants, Abdou Karim Sané, président du Cercle des amis de Tambacounda, une ONG basée en Allemagne, a indiqué que c'est la population qui est choquée de voir cela, mais les gouvernants ont une autre approche de l'immigration. L'Europe est divisée sur la politique d'immigration, certains craignent l'arrivée de djihadistes de Boko Haram, dit-il, ajoutant que certaines populations sont devenues agressives vis-à-vis des immigrés, comme en témoigne l'apparition dans certaines villes allemandes, de mouvements anti-islam comme Pegida. Il n'a pas manqué de signaler cependant qu'il y a des mouvements de gauche qui soutiennent, par exemple, les réfugiés soudanais qui ont campés dans des tentes. S'érigeant même en bouclier humain pour éviter toute intervention de la police, ils les assistent au plan sanitaire, dit-il. Mais ce n'est pas durable, parce que cela repose sur des sentiments, relève-t-il. Pour ce qui est des gouvernants européens, analyse-t-il, L'Europe a intérêt à (avoir) une immigration sélectionnée, pour prendre les meilleurs fils de l'Afrique, mais pas par les bateaux qui leur amènent des jeunes peu qualifiés et qui risquent de causer une surpopulation. Donc, il faut une immigration choisie, face à une Europe vieillissante qui a besoin de jeunes bras. Pour M. Sané, même si les populations européennes ne sont pas d'accord avec cette politique d'émigration, elles sont parfois instrumentalisées. L'émigration a toujours existé, aucun gouvernement ne peut l'arrêter, estime-t-il, ajoutant qu' il faut accompagner avec des mesures d'information et de conseil, (et) il faut que l'éducation et la formation professionnelle soient au menu. Les Européens, a-t-il dit, doivent se souvenir qu'après la deuxième guerre mondiale beaucoup d'entre eux ont émigré aux Etats-Unis, a-t-il rappelé.