Affaire Aïda Ndiongue : la défense plaide la relaxe des prévenus

Déclaration de Politique Générale

Devant la troisième chambre du tribunal correctionnel de Dakar, ils ont invoqué "la vacuité" du dossier de l'ex-sénatrice libérale et de ses co-prévenus. Cette affaire porte sur un marché fictif de produits phytosanitaires remporté par l'ex-sénatrice libérale et destiné au Plan Jaxaay, un programme gouvernemental de logements destinés aux victimes d'inondations récurrentes entre 2005 et 2011. Outre Aïda Ndiongue dite Astou, Abdou Aziz Diop, ex-directeur de cabinet du ministère de l'Urbanisme, Modou Sall, ancien secrétaire général dudit ministère et Amadou Ndiaye l'ex-ACP du Plan Jaxaay sont également poursuivis dans cette affaire. Les avocats de Mme Ndiongue, en détention préventive depuis le 17 décembre 2013, ont demandé au juge et à ses conseillers de débouter l'Etat du Sénégal dans cette affaire. "Ma conviction est que Abdou Aziz Diop et Aïda Ndiongue n'ont commis aucun manquement dans ce dossier", a affirmé Me Borso Pouye, un des avocats de la défense. "Dans ce dossier, les faits ont été créés de toute pièce, a renchéri Me Demba Ciré Bathily. En réalité, il n'y a pas de dossier, mais il s'agit d'un simple montage". Aussi Me Bathily a-t-il demandé au tribunal de "rétablir" l'ex-sénatrice libérale et ses co-prévenus dans leur droit, en "les relaxant purement et simplement". Me Boubacar Cissé a lui plaidé l'annulation de l'ordonnance de renvoi de la chambre d'accusation estimant que l'arrêt correspondant relève "plutôt de la littérature que du droit". "Il n'y a aucune manœuvre frauduleuse dans l'attribution de ces marchés qui ont répondu aux dispositions du code des marchés", a soutenu Me Seydou Diagne, autre avocat de la défense. Abondant dans le même sens, Me Ndiaga Sèye, avocat d'Amadou Ndiaye, ex-agent comptable particulier (ACP) du Plan Jaxaay, poursuivi pour complicité, a estimé que son client est "un otage qui a payé des factures sur des bases régulières". "On ne peut pas retenir le faux contre mon client", a-t-il assuré, avant de demander la relaxe du prévenu. Le procureur de la République, dans son réquisitoire du 15 avril dernier, avait requis 10 ans de prison ferme contre les prévenus, la confiscation de leurs biens et 5 millions d'amende.