Crise scolaire et Fête du travail font le menu des quotidiens

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Certains journaux annoncent que l'Etat a opéré des "ponctions" sur les salaires des enseignants en grève. Les syndicats d'enseignants déroulent depuis février plusieurs plans d'action comprenant des grèves, des débrayages et des "marches", en vue de l'application du protocole d'accord signé avec le gouvernement le 14 février 2014. Ils dénoncent "les lenteurs administratives" sur la titularisation des professeurs et maîtres contractuels. Les enseignants réclament le paiement de leur indemnité de logement et exigent le respect, par le gouvernement, des autres revendications contenues dans le protocole d'accord. "L'Etat du Sénégal a sorti le bâton pour solder le différend qui l'oppose aux syndicats d'enseignants. Le gouvernement a décidé de couper les salaires de ce mois (avril) des enseignants grévistes. Les sommes ponctionnées varient de 50 mille à 127 mille francs CFA", écrit Walfadjri. L'As qualifie la mesure de "simplement excessive et répréhensible", en donnant des chiffres différents de ceux de Walfadjri : "La ponction varie entre 40 mille et 150 mille francs CFA." Le Témoin Quotidien ne partage pas l'avis de L'As sur la ponction des salaires des enseignants en grève, le journal cité en premier lieu estimant même qu'"il faut licencier les enseignants grévistes". "La seule manière d'avoir une paix sociale durable dans notre espace scolaire, c'est de licencier les enseignants grévistes, comme l'avait fait le gouvernement kényan il y a une dizaine d'années", insiste Le Témoin Quotidien. La récurrence des grèves fait croire à L'Observateur que le gouvernement et les syndicats d'enseignants semblent en arriver maintenant au "dernier virage" avant l'"année blanche". "Au-delà du 7 mai, on va entrer dans la zone critique", avertit le directeur de l'enseignement élémentaire, au ministère de l'Education nationale, Abdou Diao, cité par L'Observateur. Selon Le Quotidien, le quantum horaire est encore "solvable", malgré les nombreuses grèves des enseignants. "Seules 200 heures [ont été] perdues, sur un total de 900", signale-t-il, citant l'inspecteur d'académie de Dakar, Ngary Faye. Ce dernier, selon le même journal, rappelle que les élèves ont eu 700 heures d'apprentissage en 2014 et en ont perdu 200, ce qui avait permis de sauver l'année scolaire "de justesse". Au contraire de l'inspecteur d'académie de Dakar, Abdou Diao estime qu'"il ne sera jamais sûr de pouvoir résorber le gap", si les enseignants ne retournent pas dans les classes dans une semaine. Evoquant les revendications des enseignants, L'As les trouve "légitimes" dans la mesure où l'Etat "octroie 500 mille francs CFA aux conjoints des ambassadeurs et un million d'indemnité aux ministres et jette de l'argent sur des projets douteux". Enquête évoque "le tournant du 1er-Mai", en qualifiant de "décisive", pour le sort de cette année scolaire, la cérémonie de remise, au président Macky Sall, des cahiers de doléances des syndicats, lors de la Fête du travail. "La position du chef de l'Etat sera décisive pour la suite du bras de fer entre le gouvernement et les enseignants." Selon ce journal, les enseignants ont adopté la stratégie du "rien à perdre, tout à gagner". De la sorte, "ils ne donnent plus de connaissances, ils tarissent la source du projet national" qu'est l'Education et "donnent finalement l'air de coupeurs de route légaux", commente Enquête. Le Populaire évoque "le silence calculé des deux camps", le gouvernement et les syndicats d'enseignants. "Le gouvernement dribble les enseignants en adoptant la stratégie du +black-out+ sur la crise scolaire, dans le communiqué du conseil des ministres" de mercredi, signale le même journal. L'As annonce que "les centrales syndicales s'unissent pour la fête du 1er-Mai". Il explique qu'elles vont déposer "un mémorandum commun sur la table du président" de la République, "une première historique au Sénégal". Sud Quotidien évoque le même sujet, en faisant savoir que les syndicats des travailleurs vont fêter le travail cette année "sous le signe de l'unité". Cette unité s'explique par le fait que "le mouvement syndical" sénégalais aborde actuellement "un tournant décisif", selon le syndicaliste Mamadou Diouf, porte-parole de la Coalition syndicale pour le dialogue social. Le climat social est tellement tendu dans les entreprises qu'il faut "un mouvement syndical uni" pour l'apaiser, affirme M. Diouf dans Sud Quotidien. Et pour ce faire, à l'occasion du 1er-Mai, un "grand défilé unitaire" est prévu ce vendredi, entre le siège de la RTS et la place de l'Obélisque, à Dakar, a-t-il annoncé au même journal.