La commémoration de l'esclavage relève d'un devoir de mémoire, selon Abdoulaye Elimane Kane

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Cette commémoration vise à se tourner résolument vers autre chose, parce que justement nous manquerions notre devoir de mémoire à l'endroit de tous ceux qui ont souffert de l'esclavage, a-t-il dit. M. Kane s'exprimait en marge de la cérémonie officielle de commémoration des résistances pour l'abolition de la traite des noirs et de l'esclavage dont le thème est de l'esclavage à la colonisation : bâtir une mémoire apaisée. La manifestation a été marquée par le dévoilement de la plaque en hommage aux résistances contre l'esclavage et un vernissage de l'exposition sur le Mémorial de Gorée. M. Kane a ajouté que le sens de cette commémoration réside dans son ambition de mettre positivement l'accent sur ce qui va dans le sens de l'unité de l'humanité dans la diversité, la compréhension des hommes et la construction d'un monde de fraternité. Selon Abdoulaye Elimane Kane, par ailleurs conseiller culturel du maire de Dakar, bâtir une mémoire apaisée est une exigence. Nous sommes condamnés en tant que êtres humains à rechercher la paix. Si nous ne devions regarder que le passé ou en retenir que ce qui a blessé l'homme, il serait impossible de vivre, a-t-il fait savoir, soutenant que cela n'engendrerait que la destruction de la planète et celle de nous-mêmes. M. Kane a souligné que les leçons du passé sont utiles pour construire le présent et l'avenir. Nous n'avons pas le choix parce que le seul moyen de vivre dans le présent et de construire l'avenir, c'est de tirer les leçons du passé mais aussi de nous tourner résolument vers des actes et des orientations très claires pour la compréhension et la fraternisation des hommes, a-t-il estimé. Il a aussi dénoncé les formes nouvelles d'injustice comme la discrimination raciale, le racisme et d'autres phénomènes du même genre qui sont, selon lui, des obstacles aux progrès, aux lois, aux résolutions et aux avancées faits pour construire une nouvelle humanité. Le Parlement sénégalais avait voté, le 27 avril 2010, une loi déclarant que la traite des noirs et l'esclavage constituent un crime contre l'humanité.