Le projet d'élaboration du Plan de gestion du site de Gorée lancé

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"Le constat, aujourd'hui, est que les menaces, lourdes, sur la survie de l'île s'amplifient", a dit M. Niang, au cours d'une cérémonie déroulée à la mairie de Gorée, en présence de l'adjointe au maire, Annie Jouga, de la directrice du Bureau régional de l'UNESCO pour l'Afrique de l'Ouest (BREDA), Ann Therese Ndong-Jatta. Il y avait aussi le directeur du Patrimoine culturel, Abdoul Aziz Guissé, le directeur général du Musée des Civilisations noires, Hamady Bocoum, et l'administrateur du Monument de la Renaissance africaine, Abdoulaye Racine Senghor. Parlant des "menaces" sur la survie de Gorée, Birane Niang a cité l'érosion du littoral, l'état de dégradation avancée de certains bâtiments historiques, dont le palais du gouverneur et l'ancienne Ecole William Ponty, ainsi que la mosquée, entre autres. S'adressant aux parties prenantes du processus ainsi lancé – constituées d'acteurs locaux -, il a dit que la mise en place d'un Plan de gestion animé par un comité de gestion émanant d'elles permettra "une redéfinition claire des tâches". Financé par l'UNESCO pour un montant qui n'a pas été précisé, le processus d'élaboration du Plan de gestion est prévu pour durer 14 mois, a indiqué le secrétaire général du ministère de la Culture, précisant que durant cette période, "de nombreuses rencontres" sont prévues avec l'accompagnement de l'UNESCO dans la réalisation des différentes étapes. Selon la directrice du BREDA, Ann Therese Ndong-Jatta, l'élaboration du Plan de gestion pour le site de Gorée – classé depuis septembre 1978 -, est destinée à répondre à la complexification que la définition de ce qui constitue le patrimoine a prise depuis le début des années 1970. "Aujourd'hui (…), il est reconnu que l'environnement dans son ensemble est influencé par son interaction avec l'humanité, et peut donc être considéré comme patrimoine", a dit Mme Ndong-Jatta, soulignant que cet élargissement du concept de patrimoine "accroît considérablement la diversité des lieux et paysages qui doivent être gérés par des responsables du patrimoine". De même, cette perspective élargit le champ des compétences requises, a-t-elle indiqué. S'adressant aux parties prenantes du processus, Ann Therese Ndong-Jatta a dit que la tâche à venir est aussi "une grande opportunité" pour doter le site de Gorée d'un cadre d'action et de gestion susceptible de porter une vision commune à tous les acteurs. Elle ajouté : "Cela pourra aussi accroître l'indispensable appropriation de la conservation du site par la communauté locale et aidera à ce que les décisions et les actions visant à tirer de plus grands bénéfices économiques et sociaux seront compatibles avec le bien-être des habitants de Gorée et du site en tant que patrimoine et lieu de mémoire". L'adjointe au maire de Gorée, Annie Jouga, a, elle-aussi, insisté sur cette gestion participative qui, a-t-elle dit, est au cœur de la démarche du Conseil municipal depuis plus de douze ans. Assurant les responsables de l'UNESCO et du ministère de la Culture de l'implication de la mairie pour que le plan soit bien élaboré. "L'élaboration de ce Plan de gestion vient à son heure, a relevé Annie Jouga. Nous allons nous impliquer en partageant tout ce que nous avons. Le littoral est un dossier qui nous préoccupe. N'ayant pas été inscrit comme priorité au ministère de l'Environnement, il se dégrade tous les ans." Le directeur du Patrimoine culture, Abdoul Aziz Guissé, a, lui, appelé les parties prenantes a comprendre que le lancement de l'élaboration du Plan de gestion n'est que la première étape d'un long processus. "Un plan d'action est un instrument de planification, de mise en cohérence et de pilotage", leur a-t-il dit, ajoutant : "Personne ne fera un plan de gestion à la place des parties prenantes. C'est à vous de dire le comment des actions que vous voulez voir pour votre ville".