Les juges en charge du procès de Hissène Habré installés

Déclaration de Politique Générale

Tenue à la grande salle d'audience du Palais de justice de Dakar, la cérémonie d'installation a réuni le ministre tchadien de la Justice et des Droits humains, le représentant de l'UA, les président des Cours d'appel de Kaolack, Dakar et Saint-Louis, le procureur général de la Cour suprême, le bâtonnier et le président de la Cour de répression contre l'enrichissement illicite (CREI). Avec cette installation, c'est fini l'humiliation de voir les enfants de l'Afrique jugés ailleurs dans le monde, a soutenu Sidiki Kaba, citant les cas de Jean-Pierre Bemba, de Charles Taylor et de Laurent Gbagbo. S'adressant aux juges nouvellement installés, le ministre de la Justice leur a demandé de rendre la justice en se fondant sur la morale, l'éthique, l'intégrité, la rigueur et l'exigence morale. Selon lui, la décision qui sera prise à l'issue de ce procès devra refléter la technicité et la compétence. Ce procès intéressera les universités africaines. Peut-être, il sera enseigné aux étudiants d'où la nécessité de saisir le sens de la responsabilité qui pèse sur vos épaules, parce que ce sera un procès historique. Vous devez montrer que l'Afrique pourra désormais juger ses propres enfants impliqués dans des crimes graves, a encore dit M. Kaba. Vous avez à accomplir un honneur et un devoir historique. Faites le avec compétence, célérité et diligence, a dit de son côté le représentant de l'UA en direction des juges, estimant que cette installation est l'aboutissement d'un processus entamé dans la douleur et qui doit être le dernier segment pour concrétiser l'espérance de Dakar. Le président des Chambres africaines extraordinaires Gberdao Gustave Kam sera assisté par deux assesseurs sénégalais à savoir Amady Diouf et Moustapha Ba. Papa Ousmane Diallo sera le juge suppléant. Le parquet général est dirigé par le procureur général Mbacké Fall. Il sera assisté par des adjoints sénégalais que sont Youssapha Diallo, Anta Ndiaye Diop et Moustapha Ka. Le greffe sera assuré par Madame Cissé. Hissène Habré, 73 ans, s'est réfugié au Sénégal depuis le renversement de son régime en 1990 par l'actuel président tchadien, Idriss Déby. M. Habré a dirigé son pays entre 1982 et 1990. Accusé de milliers d'assassinats, il est arrêté, inculpé et placé sous mandat de dépôt depuis 2013, à Dakar. Le tribunal spécial créé par l'UA en vue de la tenue de son procès au Sénégal a rendu le 13 février dernier une ordonnance le renvoyant devant une cour d'assises spéciale, afin qu'il soit jugé pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et de torture. Au total, 522 personnes ont été auditionnées au Tchad en qualité de parties civiles et 28 autres en qualité de témoins, en perspective du procès de l'ex-président Habré. L'UA a désigné, à la suite d'un appel à candidatures, Gberdao Gustave Kam, un magistrat burkinabè, ancien juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour faire juger M. Habré.