Plaidoyer pour l'intégration effective du genre dans les politiques publiques

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L'intégration effective du genre dans les politique publique est un gros problème. Il y a les mécanismes institutionnels et les instruments opérationnels. Mais on a d'énormes problèmes pour que la question du genre soit prise en compte même si dans tous les ministères on parle de point focal genre mais en général ce sont des personnes qui n'ont aucune influence sur le processus, a-t-elle dit. Elle s'exprimait mercredi au cours d'un panel sur "les discriminations basées sur le genre organisé dans le cadre du Projet "briser le silence, lever les tabous, mieux informer sur les violences basées sur le genre en Afrique de l'Ouest", une initiative de l'Institut Panos Afrique de l'Ouest (IPAO). Ce projet soutient les défenseurs des victimes de violences basées sur le genre. Il a pour objectif de soutenir les défenseurs des victimes des violences basées sur le genre par une information équilibrée et une communication maitrisée. Il est mis en œuvre au Cameroun, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal a expliqué Mame Couna Thioye, coordinatrice Femme-Enfant à la Raddho. Pour Mme Sarr la prise en compte de la transversalité du genre dans toutes les politiques publiques sectorielle devra être approfondie. Elle a insisté sur l'importance de la responsabilisation accrue des femmes dans le domaine politique et économique. Le constat est qu'on a une faible proportion des femmes aux postes de décisions politiques et que cette faiblesse s'explique par le fait des systèmes électoraux, a t-elle souligné. Au Sénégal les mécanismes sont encore huilés mais dans d'autre pays le système électoral est très défaillant (…) a t-elle expliqué. Nous avons aussi constaté que l'opinion ignore les enjeux de la participation politique des femmes, car (….) les discours ne sont pas appropriés ou ne soutiennent pas le combat des femmes et c'est ce qui fait qu'il y a un travail de communication intense à faire à ce niveau, estimé Oumy Cantome Sarr. Mme Sarr a évoqué les nombreux défis pour le Sénégal dans l'application des lois adoptées en faveur des femmes notamment loi sur la parité qui n'a pas été selon elle respectée lors des dernières élections locales. Il faut également selon elle renforcer l'efficacité des mécanismes qui travaillent sur la question de l'égalité home femme comme l'Observatoire national de la parité qui tarde à se rendre visible, indique t-elle. La PCA de la RADDHO a relevé les chiffres sur la représentativité des femmes au Sénégal avec l'Assemblée nationale qui 42,6% des femmes contre 18,7% dans la législature antérieure. Le gouvernement compte 20,58 % de femmes, un recul, selon elle. Au Conseil économique social et environnemental (CESE) les femmes représentent 19,2 % contre 44% au CRAES (Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales), remplacé par le CESE. Au niveau des collectivités locales, la dernière étude parle de 47% sur les 13 mille élus alors que tout le monde sait que les dernières élections locales les femmes étaient à 11% de représentativité. Donc des pas ont été faits grâce à la loi sur la parité a-t-elle précisé.