Plaidoyer pour une réadaption de la base juridique des ports africains

Economie

Selon ces experts réunis autour d'un colloque axé sur "Les ports africains : statuts juridiques et enjeux économiques", la base juridique des ports africains doit être revisitée pour une meilleure compétitivité. "Face aux mutations caractérisées par le développement maritime avec ce flux d'échanges commerciaux qui transitent par les ports, il est important de revisiter, de réadapter la base juridique de nos infrastructures portuaires", a déclaré le professeur de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, le professeur Ibrahima Thioub. Dans sa communication portant sur la problématique de la sécurité juridique dans les ports africains, le professeur Ibrahima Khalil Diallo a insisté sur "le manque à gagner" entraîné par l'absence de textes juridiques régissant le fonctionnement des ports africains. "Il ne sert à rien pour nos ports de gagner un marché à 100 millions de francs CFA" pour le lendemain "perdre un procès de 200 millions", a déclaré M. Diallo, spécialiste du droit maritime et des transports. "La dimension juridique est parfois plus importante que le gain financier chiffré", a expliqué M. Diallo, enseignant à l'UCAD, dont l'exposé a été illustré par des exemples tirés du fonctionnement des ports de Dakar, Cotonou, Abidjan, San Pedro, Lomé, Téma (Ghana), Douala, ente autres. La sécurité juridique est ne garantie pour une meilleure attractivité et une compétitivité, a insisté Ibrahima Khalil Diallo dont les recherches sont orientées vers la législation portuaire "depuis 1992". "Les textes qui gouvernent les ports africains sont dépassés depuis longtemps, les normes portuaires africaines sont obsolètes sans compter la foultitude de textes mal rédigés", a-t-il relevé. Selon cet universitaire, le Port autonome de Dakar, par exemple, ne dispose pas encore d'une direction juridique, mais seulement d'un "service juridique rattaché au secrétaire général et qui n'intervient qu'en cas de contentieux". "Le port de Dakar embrasse des milliards, mais il n'est pas assisté à la gestion des contrats qu'il signe en amont et en aval par un juriste", a-t-il indiqué. "L'assistant juridique doit être là en phase de conseil et en phase de contentieux", a dit Ibrahima Khalil Diallo, plaidant pour la création d'une direction juridique au niveau des ports africains.