Les gouvernements africains invités à protéger la laïcité +++ Envoyé spécial : Birane Hady Cissé +++

Présidence de la République

Ces responsables qui prenaient part à un panel réservé aux chefs d'Etat et de gouvernement, ont dénoncé l'instrumentalisation de la religion à travers des activités criminelles. La laïcité est "un idéal" si l'on sait qu'il n'existe pas de société où la religion est séparée de la politique, a déclaré l'ancien président nigérian Olesegun Obasanjo, notant toutefois que la religion et la laïcité "sont capables de faire avancer l'ordre public ou de le nuire". L'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa a lui plaidé pour que l'héritage de l'Afrique soit préservé dans ce domaine, rappelant que le continent africain est caractérisée par le pluralisme des religions et des ethnies. Le président rwandais Paul Kagamé, lui emboîtant le pas, a demandé que la diversité des sociétés africaines soit utilisée contre l'extrémisme. Malheureusement, celle-ci se trouve "mal géré en Afrique", a-t-il souligné. De son côté, le président malien Ibrahima Boubacar Keïta a insisté sur les amalgames entre islam et extrémisme. Il est ensuite longuement revenu sur la crise au nord-Mali, engendrée selon lui par "une certaine interprétation" de l'islam. La première session de l'édition 2015 de ce Forum a débuté par un recueillement en hommage aux victimes de Garissa, du nom de cette université kényane où 147 étudiants ont été abattus lors d'une prise d'otages, le 2 avril 2015. Les présidents Paul Kagamé (Rwanda), Uhuru Kenyatta (Kenya), Ibrahima Boubacar Keïta (Mali), Hassan Sheik Mohamud (Somalie), Yuweri Museveni (Ouganda), Abdiweli Mohamed Ali (Puntland) ont assisté à cette manifestation, de même que le Premier ministre d'Ethiopie Hailemariam Dessagen. L'édition 2015 du Tana Forum se tient sur le thème "La laïcité et la politisation de la foi". Ses travaux ont débuté par une réflexion sur l'héritage du premier président ghanéen Kwame Nkrumah, père du panafricanisme. BHC/BK