Le gouvernement doit s'endetter pour financer ses projets, selon Paganon

Economie

J'aurais bien aimé que le Sénégal puisse se développer sans faire recours aux investissements étrangers. Mais à l'état actuel de ses ressources, il est dans une logique où il doit nécessairement s'endetter pour assurer son développement, a estimé M. Paganon. Le diplomate français animait une conférence publique sur la Nouvelle diplomatie de la France en Afrique, à l'initiative du Groupe Sup De Co de Dakar. Au cours de cette rencontre, Jean-Félix Paganon a largement évoqué la nouvelle configuration des relations entre la France et les pays africains, les nouveaux défis sécuritaires et la logique de partenariat qui lie les pays africains à l'ancienne métropole Il faut juste une grande prudence dans cette politique d'endettement, mais elle est nécessaire pour disposer de capitaux afin de financer les projets qui vont conduire le pays vers l'émergence, a expliqué l'ambassadeur de la France. Interpellé sur la responsabilité de la France sur le niveau d'endettement des pays africains, Jean-Félix Paganon nie toute implication de son pays. Si le Sénégal est sur la liste des pays pauvres très endettés (PPTE), est-ce le fait de la France? Je dis non!, a-t-il poursuivi. Si le Sénégal dispose d'une alternative à l'endettement, on applaudit, mais pour le moment, il ne peut pas ne pas faire recours aux investissements étrangers pour financer son développement, a insisté le diplomate français. Par ailleurs, il a signalé qu'il est absurde de dire que le Sénégal n'est pas encore économiquement indépendant, après plus de cinquante années d'indépendance. C'est un pays qui élabore ses propre projets de développement en exerçant sa propre souveraineté sans intervention ou pression étrangère. Donc ça n'a aucun sens de dire que le Sénégal n'est pas économiquement indépendant, a-t-il dit. M. Paganon est aussi revenu sur la nouvelle diplomatie de la nouvelle diplomatie de la France en Afrique, en affirmant que la France n'est plus dans une logique de coopération basée sur la gestion du pré-carré ou des petits intérêts commerciaux. L'Afrique reste une priorité pour l'Afrique, mais notre diplomatie s'inscrit sur de nouvelles problématiques. C'est fini les pré-carrés, les intérêts commerciaux ou l'acteur dans le jeu politique de l'intérieur, mais un partenaire qui apporte son soutien dans le domaine sécuritaire et dans l'engagement pour l'aide publique au développement, a expliqué Jean-Félix Paganon.