Un spécialiste relève la part de la recherche dans le développement

Agriculture

Les questions scientifiques liées au reverdissement dans les régions semi-arides sont d'actualité tant elles sont transversales et interpellent les scientifiques et les décideurs, a t- il fait savoir, lors d'un colloque organisé par le projet Greenarid. Cette rencontre, qui regroupe plusieurs scientifiques et chercheurs d'Afrique et du monde, s'interroge sur les conséquences des projets de reverdissement dans les régions semi-arides. C'est une occasion de partager les expériences des chercheurs qui ont travaillé sur cette problématique, a souligné M. Touré. Concernant la contribution du Sénégal pour ce projet, il a cité plusieurs projets de reboisement dans le Nord du pays notamment l'écosystème du Ferlo, cette zone sèche où plusieurs activités ont été développées. C'est une expérience qui mérite d'être partagée, selon lui. Greenarid est un programme de coopération tripartite entre l'Afrique, le Brésil et la France pour la lutte contre le changement climatique en Afrique, pour la promotion de la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté. Ainsi, a dit Aziz Touré, même si les résultats scientifiques intéressants ont été trouvés par la communauté scientifique, il y a encore lieu de s'interroger sur la valeur ajoutée de ces résultats mais surtout, sur leur mise en œuvre au niveau politique de développement dans nos différents pays. En ce sens, il a assuré que le Centre de suivi écologique reste disposé à partager son expérience dans ces domaines car, il a un vécu depuis une vingtaine d'années dans les écosystèmes pastoraux sahéliens. Nous avons aussi besoin de mieux comprendre les menaces qui pèsent sur ces écosystèmes fragiles notamment la vulnérabilité qui affecte tant les écosystèmes que les populations qui y vivent mais aussi les réponses apportées par nos différentes institutions, a dit M. Touré. Au-delà, des considérations politiques présentes et futures, il ne faut pas perdre de vue, celles liées au renforcement des capacités des praticiens du développement mais également celles des jeunes chercheurs, a-t-il signalé. Cela permettrait d'augmenter la masse critique des ressources humaines dans nos institutions de recherche panafricaine, a t- il affirmé. De son côté, la coordonnatrice du projet, Nathalie de Noblet du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE), ce a relevé que ce projet consiste à effectuer des actions de reverdissement dans les zones semi-arides plutôt chaudes. Ces zones semi-arides occupent 7% des terres émergées mais, abritent plus de 38% de la population mondiale. Ce sont des régions qui subissent des pressions anthropiques et climatiques importantes où, on peut voir émerger les premiers signes du changement climatique avant d'autres régions du monde, a indiqué Mme de Noblet. Elle a souligné que beaucoup de projets de reverdissement se font dans ces régions, relevant que les études scientifiques accompagnant ces projets ne sont pas toujours complètes.