Des étudiants de l'UCAD se solidarisent avec les victimes de la tuerie de Garissa

Présidence de la République

Sur la longue banderole derrière laquelle sont réunis la centaine d'étudiants et des manifestants venus se joindre à eux, il est écrit deux messages qui résument en eux seuls l'objet de ce rassemblement: jeunesse d'Afrique mobilisée contre le terrorisme, lit-on en haut de l'affiche. Un peu plus bas, il est écrit en caractères plus petits: les jeunes et étudiants du Sénégal avec la société civile expriment leur solidarité aux étudiants de Garissa-Kenya. Comme le léger vent frais qui circule aux environs de la bibliothèque centrale de l'Université Cheikh Anta Diop, l'ambiance est glaciale. Réunis derrière la longue banderole, des étudiantes et des étudiants habillés de t-shirts floqués du MPCA (Mobilisation pour la paix et la consolidation de la justice africaine) brandissent également des pancartes sur lesquelles, on peut lire : non au terrorisme, vive la paix!, ou je suis Garissa. Sur une autre banderole, on s'interroge en ces termes :pourquoi cette ségrégation ? Paris, 11 janvier, Tunis, 29 mars, Garissa, 2 avril. Aucun rassemblement, faisant allusion aux mobilisations organisées aussi bien en France qu'en Tunisie, après les attentats de Charlie Hebdo (12 morts) et du musée Bardo (22 morts). C'est presque dans un silence de cathédrale que le secrétaire administratif de la Mobilisation pour la paix et la consolidation de la justice (MPCA), Mamadou Saliou Diallo s'adresse à la foule, avec de la colère dans la voix. Chers camarades étudiants, par ce geste ignoble et cynique, les terroristes shebabs ont manifesté leur non-respect de la vie humaine, leur soif de sang, en s'en prenant de la façon la plus barbare à 148 personnes constituées en majorité d'étudiants, réunis en ce lieu pour la quête du savoir, a-t-il fustigé. Il n'a pas manqué aussi d'appeler les Etats africains à plus de vigilance. M. Diallo a invité les jeunes à se mobiliser contre le terrorisme et l'endoctrinement. Prenant la parole, le médiateur de l'UCAD, Mamadou Ndiaye, au nom du recteur, a souligné que le jeudi 2 avril 2015 marquera à jamais un moment tragique dans la conscience du peuple de l'humanité, en général, du peuple africain, en particulier. Selon lui, les événements du Kenya sont d'autant plus graves que le théâtre de cette tragédie innommable est un campus universitaire où des jeunes gens, espoirs de leur famille et de leur nation, dormaient tranquillement sans se soucier que des menaces de mort planaient sur leur tête. Un silence pesant continue de régner sur les lieux. Et le représentant du recteur d'enchaîner encore. Il est grand temps de se lever comme un seul homme pour dire +stop, çà suffit !+, a-t-il lancé. De l'avis du médiateur de l'UCAD, la solution contre le terrorisme consiste à mobiliser le peuple africain, le peuple de l'humanité, lancer des campagnes d'action comme celle-ci afin de donner l'exemple. Pour sa part, le responsable d'And jëf/Parti africain pour la démocratie et la solidarité (AJ/PADS), Landing Savané, a dénoncé l'indifférence criminelle par rapport aux actes de terrorisme qui se passent en Afrique. Il faut changer cela, les Africains doivent être à la tête du combat contre le terrorisme. Puisque, comme on dit, charité bien ordonnée commence par soi, a-t-il exhorté. Les évènements de l'Université de Garissa montrent qu'on est confronté aux mêmes problèmes, nous pensons qu'il faut aller donc vers les mêmes solutions, a affirmé, de son côté, le Burkinabé Youssouf Ba, responsable des Jeunesses fédéralistes africaines, coorganisatrices du rassemblement.