La suspension de l'emprunt obligataire de la mairie de Dakar n'est pas "politique", selon le PM

Economie

"Concernant l'emprunt de la Ville de Dakar, on parle de dossier politique. Non, c'est un dossier technique", a-t-il dit en répondant aux "questions d'actualité" des députés, à l'Assemblée nationale. En 2014, le conseil municipal de Dakar a autorisé la mairie de lancer un emprunt obligataire de 20 milliards de francs CFA sur le marché financier de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dans le but de trouver de l'argent pour financer des infrastructures. "L'endettement (…) nécessite un regard extrêmement exhaustif", a souligné M. Dionne, ajoutant que l'opération a été suspendue, en attendant de savoir si la mairie de Dakar "peut supporter un endettement supplémentaire de 20 milliards de francs CFA". Le 19 février dernier, la mairie Dakar s'apprêtait à lancer l'emprunt obligataire de 20 milliards pour une durée de sept ans. Mais le gouvernement du Sénégal s'y est opposé, deux jours avant le lancement de l'emprunt. Cette décision a mis l'organe de régulation des marchés financiers de l'UEMOA dans l'obligation de suspendre le lancement de l'emprunt. "Il y a un ordonnateur unique du Budget national, c'est le ministre de l'Economie, des Finances et du Plan. C'est lui qui a la signature de l'Etat en matière de finances publiques. Il va donner une garantie à hauteur de 10 milliards de francs CFA, parce qu'il est sollicité pour 50% de l'emprunt. Avant de la donner, il doit évaluer la dette actuelle du bénéficiaire", la mairie de Dakar en l'occurrence, a expliqué le Premier ministre. Selon Mahammed Dionne, "les avances" faites par l'Etat à la mairie de Dakar s'élèvent à 12,3 milliards de francs CFA. Et la dette à payer par cette collectivité locale aux banques s'élève à 19,7 milliards de francs CFA, a-t-il indiqué. Le gouvernement a demandé au ministre de l'Economie, des Finances et du Plan de traiter ce dossier "professionnellement" et en tant que "technicien, de concert avec ses services", a ajouté M. Dionne. "S'il (le ministre des Finances) voit que les choses avancent, il donnera la signature de l'Etat", en vue de la levée de la suspension de l'opération, a assuré le chef du gouvernement. "Oui aux financements innovants ! Mais dans la transparence", a-t-il ensuite lancé.