SIA : une vingtaine de maires à Paris pour nouer des partenariats+++Mohamed Tidiane Ndiaye+++

Economie

Ces élus locaux ne disposent pas de marchandises à exposer au stand du Sénégal, mais ils multiplient les démarches, en allant à la rencontre d'investisseurs étrangers. Ils proposent des offres de services dans l'espoir de trouver de recettes supplémentaires destinées à booster le développement de leurs localités respectives. Le SIA est une grosse opportunité. Nous avons beaucoup de services à proposer. Avec la coopération décentralisée, il y a beaucoup de possibilités de trouver des partenaires avec qui nous pouvons nouer des contacts. Nous avons beaucoup de potentialités. Et eux (les investisseurs étrangers) sont à la recherche de débouchés, a expliqué Moussa Touré, maire de la commune de Ouadiour, une localité située dans la région de Fatick. M. Touré et ses collègues espèrent passer par la coopération décentralisée pour booster les maigres ressources dont ils disposent dans une commune où tout est prioritaire. Nos recettes sont très faibles (…). Nous avons un problème d'infrastructures. Nous voulons passer par les opportunités d'investissement agricoles dont nous offre le SIA pour régler les difficultés dans nos communes, a expliqué le maire de Ouadiour. L'éleveur qui quitte Ouadiour (Fatick) pour venir ici saura qu'il lui reste beaucoup de choses à refaire. Il se rendra compte que le gap est énorme en matière d'élevage et qu'il ne peut plus continuer sous l'angle traditionnel, s'il veut se faire des affaires, a-t-il dit. Son collègue Modou Faye, maire de la commune de Touré Mbondé, dans la région de Diourbel, espère qu'après cinq jours de salon, la moisson sera fructueuse. Nous avons vu des partenaires qui sont très intéressés par nos localités, mais ils ne savent pas par où passer pour investir chez nous. Nous leur donnons les outils et les mécanismes d'identification des secteurs porteurs pour qu'ils y trouvent leur compte. Nous espérons que la moisson sera plus que bonne, a-t-il confié. Chez nous, l'activité agricole tourne autour de 3 mois sur 12. Ce qui est inadmissible, dès lors qu'il est possible de faire plusieurs récoltes dans l'année. Nos réserves foncières sont très sous-exploitées, a fait observer le maire de Touré Mbondé. Selon El hadji Moustapha Cissé, adjoint au maire de Diossong (Foundiougne, Fatick), les discussions sont très avancées. Pour certains partenaires, nous en sommes à l'étape de la finalisation. Mais le gros du travail va se faire dès notre retour au pays avec des prises de mesures pour un suivi efficace, se réjouit M. Cissé. Président de l'Union régionale des coopératives agricoles de Fatick, M. Cissé semble tombé sous le charme des éleveurs français. Nous avons vu une modernisation accrue du secteur. Au Sénégal, on se contente de compter les têtes de bovins, alors qu'ici avec trois têtes seulement on produit plus et bien. Nous ne pouvons pas rester sourds et aveugles pour ne pas essayer de copier ce qui se passe ici, a-t-il dit. Mais Oumar Ba, adjoint au maire de Ndiob, dans la région de Fatick, attire l'attention de ses collègues sur la nécessité de faire un suivi efficace, pour faire aboutir les contacts. ' C'est bien d'avoir de partenaires stratégiques, mais c'est encore mieux d'assurer un bon suivi par nous-mêmes une fois au pays pour recueillir les avis de la communauté que nous représentons, a-t-il suggéré.