Oulimata Dioum : L'impôt synthétique et la présence des commerçants chinois nous créent beaucoup de problèmes

Economie

Dakar, 19 août (APS) - La présidente de l'Association des femmes pour la promotion de l'entreprise au Sénégal(AFEPES), Oulimata Dioum, a estimé que l'impôt synthétique et la présence massive des commerçants chinois constituent des handicaps majeurs pour l'épanouissement des femmes dans le secteur. L'impôt synthétique qui a été décidé par les autorités pour solutionner nos difficultés n'a pas réglé nos problèmes, au contraire, a reconnu Mme Dioum, interpellée par l'APS, en marge de la journée de sensibilisation des femmes de l'AFEPES sur la problématique genre et management des entreprises, tenue mercredi à Dakar. L'impôt synthétique c'est en quelque sorte une globalisation de l'impôt et des bureaux de paye. Selon les explications de la patronne de l'AFEPES, cette nouvelle approche, même si elle a réduit les interminables va-et-vient dans les différents bureaux et services de l'administration n'a pas réglé pour autant la question. Pour elle, le gros du problème se trouve dans le mode de taxation jugé trop élevé. En effet, souligne Oulimata Dioum, pour un chiffre d'affaires de 50 millions de nos francs, il faut prélever un impôt synthétique de plus de quatre millions de francs CFA. De plus, ajoute Mme Dioum, le seuil fixé pour le capital est de dix millions sans compter les frais de dépense. A tous ces problèmes vient s'ajouter la présence des commerçants chinois, poursuit la présidente de l'AFEPES qui a signé officiellement hier l'entrée de son organisation au sein du Conseil national du patronat (CNP). C'est un vrai problème. Nous ne parlons pas d'expulser les Chinois, mais de voir comment organiser tout cela pour que les femmes évoluant dans le secteur de l'import-export ne soient pas lésées, martèle Oulimata Dioum, estimant qu'avec la manière dont travaillent les Chinois il n' y a même pas comparaison. Les autorités doivent réorganiser tout cela et exercer un contrôle sur la qualité de ce qui se vend, a-t-elle dit avant de révéler qu'une grande partie des marchandises des femmes de l'AFEPES sont en stock dans les magasins. L'autre aspect négatif dans cette affaire est la mort de l'artisanat, un créneau très investi par les femmes qui n'est plus compétitif, vu les pratiques des commerçants chinois. La présidente de l'AFEPES récemment nommée au Conseil de la République par le président Abdoulaye Wade a exhorté les pouvoirs publics à se pencher sérieusement sur ces questions pour que les immenses efforts fournis par les femmes jusqu'ici ne soient pas vains. BS/CTN