La DG du FMI énonce les conditions d'une croissance accélérée

Economie

Le Sénégal doit "avant tout opérer une masse critique de réformes pour rompre résolument avec le passé et accélérer la croissance", a-t-elle déclaré dans une allocution prononcée devant les députés sénégalais. "Le temps est compté et il est urgent de répondre aux aspirations de la population, à savoir des emplois gratifiants, un niveau de vie amélioré et de meilleurs débouchés", a ajouté Mme Lagarde. Sur la base d'expériences réussies ailleurs dans le monde, le Sénégal doit "renforcer la gestion" de ses finances publiques et "combler" son déficit en infrastructures, selon la DG du FMI. "Les infrastructures publiques et les dépenses sociales nécessitent des budgets supplémentaires. Toutefois, il ne s'agit pas simplement d'accumuler davantage de dettes. Il faut plutôt créer cet espace budgétaire en augmentant les recettes et en rationalisant les dépenses", a-t-elle souligné. Les autorités sénégalaises doivent en second lieu "améliorer le climat des affaires de manière à accélérer la transformation structurelle", a-t-elle indiqué, préconisant que une réorientation une réorientation des dépenses "des postes peu prioritaires vers les postes prioritaires". Le "processus ardu d'amélioration du dispositif réglementaire du Sénégal a commencé. Le Sénégal fait partie des pays qui ont fait le plus de réformes en 2014 selon les indicateurs «Doing Business » de la Banque mondiale", a relevé Christine Lagarde. Aussi a-t-elle fait part de ses regrets de voir le Sénégal rester "en bas du classement par rapport à ses pairs africains pour ce qui est du climat des affaires", avant de plaider pour l'élargissement de "la portée des réformes réglementaires qui ont débuté afin d'attirer un investissement étranger indispensable". "Il convient aussi de soutenir la création des petites et moyennes entreprises afin que les jeunes puissent obtenir des emplois productifs dans le secteur formel. C'est un pilier essentiel des aspirations des jeunes dans le monde entier", a déclaré la directrice générale de la FMI. Elle a par ailleurs préconisé la mise en œuvre d'une politique sociale préventive, en vue de "développer le capital humain et de veiller à ce que la croissance profite au plus grand nombre". "Cette stratégie doit s'attacher à créer des opportunités pour une population jeune en croissance rapide et pour les femmes (….) Néanmoins, il reste beaucoup à faire pour que l'égalité des sexes soit une réalité", a ajouté Mme Lagarde. La directrice générale du FMI a entamé jeudi une visite de trois jours au Sénégal. Avant les députés, Mme Lagarde a eu des entretiens avec le président Macky Sall et le Premier ministre Mahammed Dionne.