Un officiel insiste sur la dimension genre dans les politiques de développement

Agriculture

Mme Niang intervenait, jeudi, à Dakar, au cours d'un atelier de formation des cadres du ministère de l'Environnement et du Développement durable, aux techniques de planification, de budgétisation et de programmation, sensible au genre. Cette formation de deux jours, selon elle, vient renforcer les diverses initiatives développées par ce ministère, afin de rendre effective la prise en compte des besoins et intérêts différenciés des hommes et des femmes dans leurs interventions en faveur d'un développement durable. Mme Niang a souligné a que l'environnement et ses écosystèmes produisent des moyens de subsistance qui sont essentiels à la survie de l'espèce humaine. Tant les hommes que les femmes jouent des rôles importants dans la production de ressources naturelles provenant des écosystèmes, a-t-elle fait remarquer. En effet, les hommes sont ceux qui s'occupent généralement des activités de transformation des ressources en richesse alors que les femmes, jouent un rôle crucial dans la gestion et la conservation des ressources, selon elle. Néanmoins, elles sont aussi très impliquées dans les différentes activités de production de ces ressources. C'est pourquoi elles ont des savoirs et des connaissances propres à leur vécu, à leurs traditions et à leur environnement Malheureusement, les femmes sont peu considérées et peu reconnues dans ces rôles. Elles sont également les plus touchées par la pauvreté et font face à des relations de pouvoir inéquitables dans notre contexte socioculturel, a déploré le conseiller technique. Oumou Khaïry Niang a souligné, d'autre part, que le lien entre le genre, le développement durable et les enjeux environnementaux et sociaux majeurs comme le changement climatique ou la perte de la biodiversité, est de mieux en mieux compris et démontré mais demeure encore relativement peu intégré dans les processus décisionnels nationaux. C'est en ce sens que cette formation qui est capitale, couronne une étape importante du processus de budgétisation sensible au genre dans lequel, s'engage résolument le ministère de l'Environnement et du Développement durable a expliqué Mme Niang avant de réitérer l'engagement du ministère de l'Environnement à accompagner ce processus. Joséphine Odéra, directrice régionale d'Afrique de l'ouest et du Centre, d'ONU Femmes, a indiqué que la question genre occupe une place de choix dans le cadre des résultats de son organisation. Il est nécessaire, selon Mme Odéra, de conduire une politique publique qui tient compte pleinement de l'égalité et de l'autonomisation de la femme, avec une approche basée sur le respect des droits humains, l'éradication de la pauvreté et de la faim, la promotion de la croissance et du développement durable et inclusive, afin d'assurer l'avenir de notre planète. Pour elle, cette décision de renforcer les capacités des haut cadres du département de l'Environnement, en genre, notamment les responsables des budgets et de la planification, permettra de mettre en pratique l'institutionnalisation effective du genre dans la politique afin qu'elle se traduit par des budgets conséquents.