Paris doit garantir à Dieudonné le droit de faire des plaisanteries de mauvais goût (ONG)

Présidence de la République

"Les plaisanteries postées sur Facebook sur les attaques terroristes, même de mauvais goût ou injurieuses, sont protégées par le droit à la liberté d'expression, si elles ne sont pas en mesure de constituer de véritables actes d'incitation à commettre des attaques terroristes", dit-il dans des propos relayés par le site de l'ONG. L'humoriste français Dieudonné M'bala M'bala a été placé en garde à vue mercredi et renvoyé en justice pour "apologie du terrorisme". Son arrestation fait suite aux propos postés dimanche sur sa page Facebook. "Sachez que ce soir, en ce qui me concerne, je me sens Charlie Coulibaly", avait-il écrit. Amédy Coulibaly est l'auteur de la prise d'otage du supermarché casher de la porte de Vincennes à Paris, au cours de laquelle quatre personnes ont été tuées. Cette attaque intervenait au lendemain de l'attaque qui a décimé la rédaction de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo. Selon le directeur exécutif d'Article 19, "après le soutien massif au droit à la liberté d'expression de Charlie Hebdo", le placement en garde-à-vue de Dieudonné "est un test qui permettra d'évaluer à quel point les autorités françaises sont prêtes à défendre les principes que Charlie Hebdo incarnait". "Les poursuites contre ceux qui, sur les réseaux sociaux, expriment des points de vue divergents ou minoritaires ne contribueront pas à la lutte contre le terrorisme, mais constituent une menace réelle de marginalisation accrue des citoyens, et mettent en danger la liberté d'expression", affirme Thomas Hughes. La liberté d'expression "doit être protégée pour tous sans discrimination, y compris en ce qui concerne leur opinion politique, leur religion ou leurs convictions", ajoute-t-il. "Les normes internationales indiquent clairement que la définition des actes de terrorisme ne devrait pas être générale ou vague au point d'y inclure l'expression, lorsqu'il n'y a pas de volonté réelle d'encourager ou susciter des actes terroristes", fait-il valoir. "Pour imposer des sanctions pénales, poursuit le directeur exécutif de l'ONG Article 19, un rapport direct et immédiat doit pouvoir être établi entre l'expression en cause et la possibilité ou la survenue de cette violence". Article 19 dit s'inquiéter que "des peines plus sévères soient prévues lorsque le délit d'apologie du terrorisme est commis en ligne", signalant l'ouverture en France d'au moins 50 procédures sur ledit délit depuis ces évènements.