Sidia Bayo "menait des activités subversives, selon Abdoulaye Daouda Diallo

Présidence de la République

"Il s'agit d'une mesure administrative destinée à condamner ses activités subversives que nous ne pouvons accepter", a-t-il déclaré en marge de la réunion nationale préparatoire de la Ziarra de la famille omarienne, prévue les 16 et 17 janvier prochains à Louga (nord). Selon M. Diallo, l'opposant gambien de 35 ans a "transgressé l'accord" convenu avec les autorités sénégalaises, aux termes duquel il devait s'abstenir de toute activité tendant à déstabiliser son pays à partir du Sénégal. "Quand il a été constaté qu'il menait certaines activités subversives, nous l'avons interpellé. Il s'était engagé à respecter cet accord, sans quoi, il allait être expulsé", a souligné le ministre de l'Intérieur. Sur les ondes d'une radio sénégalaise, Sidia Bayo a déclaré qu'il saluait le coup d'Etat que des hommes armés ont tenté de perpétrer en Gambie, la semaine dernière. Le gouvernement sénégalais avait pour sa part dénoncé une "tentative de renversement du régime du président" Yahya Jammeh. En raison de cette réaction, Sidia Bayo "a été interpellé par la Police sénégalaise à son domicile, aux Mamelles (Dakar), dans la nuit du 2 au 3 janvier. Et [il est] depuis lors détenu dans les locaux du commissariat central de Dakar, sans explication aucune", affirment ses avocats. Ces derniers ont annoncé avoir adressée une requête à la chambre administrative de la Cour suprême du Sénégal, dans laquelle ils réclament l'annulation de l'arrêté ministériel prononçant son expulsion du territoire sénégalais. Assane Dioma Ndiaye, Abdoulaye Tine et Bamba Cissé estiment que la décision du ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique d'expulser M. Bayo résulte d'un "excès de pouvoir". L'opposant gambien avait été arrêté en fin de semaine dernière par la Police sénégalaise. A Banjul, la capitale de la Gambie, pays enclavé dans le Sénégal, des soldats ont attaqué le palais présidentiel, la State House, avant d'être repoussés, dans la nuit du 29 au 30 décembre 2014. Le président Yahya Jammeh effectuait une visite privée à Dubaï (Emirats arabes unis), au moment de l'attaque, selon plusieurs médias. Il est au pouvoir depuis le 22 juillet 1994, après un coup d'Etat qui a écarté Dawda Jawara du pouvoir. Elu pour la première fois en 1996, M. Jammeh a essuyé plusieurs tentatives de renversement. Les organisations de défense des droits de l'homme ne cessent d'alerter la communauté internationale sur les violations des droits humains en Gambie, où les militants de l'opposition politique et les journalistes sont souvent réprimés.