Sissako sur l'avenir du 7e art : Il faut une politique d'ouverture culturelle +++ Envoyé spécial: Boubacar Kanté +++

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"On sait comment ça marche, quand il n'y a pas de politique d'ouverture, une politique qui comprend que la culture est importante, elle ne peut exister", a déclaré le réalisateur de "Timbuktu", son dernier film projeté hors compétition lors de la 14e édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM, 5 -13 décembre). Sissako s'entretenait avec des journalistes, dont l'envoyé spécial de l'APS, au lendemain de la projection de son long métrage qui revient, sur le mode de la dénonciation, sur le règne de quelques mois d'une coalition de groupes salafistes (AQMI, Ansar Din, etc.) à Tombouctou, cité malienne historique, entre 2012 et début 2013. "Finalement pour moi c'est une question tellement récurrente que je reçois depuis vingt ans, je trouve finalement ça sert à rien de poser les questions (…)" sur l'avenir du cinéma sur le continent, en Afrique de l'Ouest en particulier, a indiqué le réalisateur. Si les Etats "n'impulsent pas" une politique d'ouverture culturelle, le cinéma ne peut pas exister, selon Abderrahmane Sissako, président du Jury Cinécoles de la 14e édition du FIFM. Cette compétition dédiée aux cinéastes marocains en herbe, a été instituée en 2010 par la Fondation du FIFM. Elle compte par ce biais mettre en place un espace de création cinématographique et d'insertion professionnelle, au profit des cinéastes en herbe. De cette manière, la Fondation du Festival international du film de Marrakech espère créer durant le festival du même nom "une véritable plateforme d'échanges entre professionnels aguerris et jeunes cinéastes". Le lauréat va empocher 300 mille dirhams, soit plus de 17 millions de francs CFA. Cette dotation gérée dans sa totalité par la Fondation du FIFM doit être utilisée pour un nouveau film à achever dans les trois ans qui suivent la remise du prix. Abderrahmane Sissako donne ainsi en exemple l'exemple du Maroc, "un pays qui comprend que ce n'est jamais assez, que former c'est bien". "Je pense que c'est un exemple à prendre puisqu'on sait qu'il y a très peu d'écoles en Afrique", a-t-il déclaré. Or, selon lui, "pour que la cinématographie se porte bien, il faut se donner les moyens pour cela, c'est-à-dire former". "Savoir qu'il y a une dizaine d'écoles (de cinéma) qui existent dans ce pays, et cela n'existait pas avant, c'est au moins un début de quelque chose", a souligné le réalisateur mauritanien.