Echos de la 14e édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM) +++ Envoyé spécial : Boubacar Kanté +++

Genre

Il continue de s'ouvrir aux cinémas des cinq continents, en prêchant la tolérance par les messages de ses films, inspirés d'identités, de cultures et de civilisations différentes. En voici quelques échos. Bollywood : le cinéma indien, dont les séries alimentent comme jamais les télévisions africaines, est présent en force à la 14e édition du FIFM à travers un film en compétition et certains de ses professionnels. Labour of Love de Aditya Vikram, avec Ritwick Chakraborty et Basabdutta Chatterjee convoite le Grand Prix avec 14 autres longs métrages de la sélection officielle. Le jury de la compétition officielle compte également parmi ses membres Ritesh Batra, un réalisateur, scénariste et producteur de l'Inde. Batra dit avoir un profond respect pour le cinéma bollywoodien, mais ajoute avoir également foi en l'ouverture sur d'autres horizons par le biais justement des films. On a beau croire que Bollywood écrase tous les autres genres dans notre pays, ce n'est pas vrai, car j'ai été étonné de voir que mon fils appartenant à un autre genre cinématographique, a fait impression sur le public indien, a déclaré le réalisateur en conférence de presse. Farah Khan, autre réalisateur indien, a lui eu le plaisir de voir son film, fait à la manière bollywoodienne, programmé sur la place Jamaâ Lefna, la grande place publique de la ville de Marrakech. Engouement : L'intérêt suscité auprès du public par le Festival international du film de Marrakech renseigne sur le fait que la promotion du cinéma à l'échelle d'un pays tient certes à l'existence d'un cadre réglementaire et législatif propice à booster la production en permettant aux professionnels du secteur de se bonifier. Mais le cinéma doit aussi beaucoup à un public de cinéphiles, comme on en dispose au Maroc en général et à Marrakech en particulier. Les Marrakchis ont véritablement fini de coller à leur Festival, se déplaçant en masse, souvent en famille, pour assister aux productions, s'ils ne restent pas pendant de longues heures aux abords du tapis rouge, pour acclamer stars locales et internationales avec qui ils ont occasion de prendre poses et selfies. De plus, les projections en plein air à la Jamaâ Lefna, au bénéfice d'un plus large public, contribuent à donner du FIFM une autre envergure. Stars : les vedettes locales et internationales ne sont pas en reste au FIFM, contribuant à la renommée de la manifestation et à le rendre crédible par une présence bien remarquée. Outre les membres du jury, dont la présidente Isabelle Jury, le comédien et réalisateur britannique Alain Rickman, il faut compter avec la présence de nombreux autres stars, parmi lesquelles celles qui ont bénéficié d'hommages officiels cette année. Il y a d'abord l'Egyptien Adel Imam (Birds of Darkness, The Yacoubian Building, Alzheimer's), le Britannique Jeremy Irons (The French Lieutenant's Women, Dead Ringers, Reversal of Fortune). Il y a aussi Viggo Mortensen, comédien et réalisateur américain (The Story of Violence, Appaloosa, Jauja). Last but not least, Leticia Casta et d'autres ont été applaudis sur le tapis rouge marrakchi. Symbole : Seul Marocain membre du jury de l'édition 2014 du FIFM, le réalisateur et cinéaste Moumen Smihi parle du Festival international du film de Marrakech avec un discours profond et des références anciennes qui changent des analyses convenues. Pour moi, avance-t-il, le Festival de Marrakech, c'est le lien entre la lointaine histoire du Maroc et la modernité. La lointaine histoire, c'est la tradition du rationalisme qui a existé à Marrakech avec de très grands penseurs, notamment Averroès et Ibn Tofail, qui étaient des penseurs internationaux, car ils étaient entre l'Europe et le Maroc. Aujourd'hui, le Festival de Marrakech fait revivre cette tradition de mondialisme et d'internationalisme grâce à l'art cinématographique.Marrakech a toujours été la capitale du monde du cinéma qui a, depuis des décennies, drainé de nombreux cinéastes. Maintenant, il y a une continuité dans ce sens, ajoute-t-il dans une interview parue dans le quotidien marocain Le Matin.