Bakhiya, un cimetière qui respire la modernité

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Ce cimetière, situé à l'Est de Touba, à 4 km de la Grande mosquée de la ville religieuse, est implantée près de la route de Dahra. Il a été inauguré le 11 janvier dernier après la fermeture de l'ancien cimetière de la capitale du mouridisme, qui était logé à l'est de la grande mosquée. Sur décision du Khalife général des mourides, Cheikh Sidy Moukhtar Mbacké, il a été baptisé Bakhiya, en référence au cimetière de Médine (Arabie Saudite) où reposent des compagnons du prophète de l'islam, Mouhammad (PSL). De couleur jaune, le mur de clôture fait près de 900 mètres sur 500, soit une superficie de 45 hectares. L'endroit revêt un caractère très symbolique pour les mourides. Aux dires de certains, El Hadj Oumar Foutiyou Tall y a séjourné 15 jours durant avant de reprendre le chemin vers le Fouta. Mais c'est en 1986, que le troisième Khalife des mourides Serigne Abdou Lahad Mbacké a loti cet espace pour les besoins d'un cimetière. C'est un homme âgé qui veille sur les lieux. Assis sur une chaise, un bonnet noir sur la tête, le maître des lieux qui porte un boubou traditionnel, filtre les entrées. A chaque personne qui arrive, il demande les raisons de sa visite, avant de l'orienter. A gauche, dans un bâtiment, des hommes sont postés devant un bureau. Rivé sur un ordinateur, un jeune dresse la liste des personnes à inhumer. En effet, la communauté mouride a innové en installant un logiciel pour dresser un fichier des personnes inhumées. Cette mesure a été prise pour éviter les problèmes que rencontraient les fidèles dans l'ancien cimetière. Là-bas, avec la forte concentration des tombeaux, les fidèles étaient obligés dès fois de déterrer des cadavres fraîchement enterrés, afin de pouvoir inhumer de nouveaux corps. Une dizaine de personnes sont chargées d'organiser l'occupation du cimetière. Chaque jour, de sept heures à 19 heures, les membres de la dahira Moukhadamatoul Khidma, la structure chargée de la gestion administrative du nouveau cimetière orientent et aident les fidèles venus de Touba, du reste du Sénégal et de l'étranger à enterrer les corps de leurs proches. Parmi eux, Mame Cheikh Sarr, le chargé du secrétariat. S'exprimant en wolof, il indique que désormais toutes les personnes accompagnant une dépouille doivent passer dans son bureau pour les formalités administratives. Elles sont obligées de donner certaines informations sur la filiation et le nom du marabout du défunt, et de fournir certaines pièces (certificat de gent de mort, certificat d'inhumation), entre autres, explique-t-il. Après cette étape, une somme de 11.000 francs CFA est versée pour tout enterrement. Cet argent sert à payer les personnes chargées de laver la dépouille, l'achat du linceul, etc. Ensuite, un numéro est attribué aux défunts et des tableaux pour leur identification. Le visiteur, qui arrive pour la première fois, est d'abord frappé par l'immensité du cimetière. Point de mausolée en dur comme on le voit dans d'autres cimetières de Touba. Les autorités religieuses de la cité ont en effet interdit les constructions de mausolées, ainsi que tout dépassement des 60 centimètres autorisées pour la largeur de chaque tombe.