Nathalie Fave, une poétesse imbibée d'une culture de l'universel

Genre

Ces poèmes ont pour but de sensibiliser les gens à une justice mondiale. Tous les pays du monde aujourd'hui rencontrent des difficultés face au rouleau compresseur d'un capitalisme spécialement absurde, face à une société tournée uniquement vers le matérialisme. En découle donc une crise identitaire mondiale et une montée des tensions, a-t-elle expliqué dans un entretien accordé à l'APS. Le fait que je vive entre trois pays [Canada, France, Sénégal], trois continents, me permet de remarquer la même chose partout. Les gens posent des questions, ils ne sont pas bien dans leur peau. La poésie est une façon de transcender les difficultés, de transcender les quotidiens, de transcender les crises de valeurs, souligne-t-elle. Nathalie Fave rappelle l'essence sénégalaise de sa poésie imbibée d'activisme, de Senghor et des chantres de la Négritude, qu'elle décrit encore comme une écriture métissée qui évolue entre une culture occidentale et un vécu de dix-huit ans en Afrique dont dix-sept ans au Sénégal Toute ma dimension, mon essence de poétesse vient du Sénégal. Quand même je suis dans les prairies de l'Ouest canadien, et que j'écris, je suis en fait au Sénégal. Je suis à Dakar, je suis sur la Petite Côte, je suis dans le Saloum, à Saint-Louis [..], confie la poétesse franco-sénégalaise. Nathalie Fave relève aussi un regain de poésie dans l'art et dans la littérature contemporaine, une recrudescence poétique favorisée par les réseaux sociaux. Contrairement à ce que l'on peut croire, il y a un regain de poésie dans le monde. Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux les gens s'ouvrent beaucoup plus et tout le monde veut revendiquer sa manière de penser, indique-t-elle. Au Sénégal, l'imprégnation de Senghor est encore vivante et tout le monde se sent interpellé, tout le monde se sent poète. La poésie ici est identitaire et culturelle, affirme-t-elle.