L'abécédaire du XVe Sommet de la francophonie

Présidence de la République

A comme Abdou Diouf : L'ancien président sénégalais et désormais ex-secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), a été sans doute l'homme le plus comblé à l'issue du XVe sommet de la francophonie. Pas une intervention sans que soient salués "son expérience, sa sagesse, son esprit de dépassement et son immense rôle à la tête de l'OIF". Mais c'est le président Macky Sall qui "l'a littéralement foudroyé" pour avoir pris la décision de baptiser à son nom le Centre international de conférences de Diamniadio. B comme Buyoya : Parmi les cinq candidats à la succession du secrétaire général sortant de l'OIF, Abdou Diouf, Pierre Buyoya a été le seul à avoir dirigé un pays en tant que président de la République du Burundi. Mais cela n'a pas été d'un grand atout pour cet ex-putchiste, puisqu'il a échoué à briguer la succession de Abdou Diouf. Michaelle Jean a été préférée à tous les autres candidats. C comme Culture : Avec le Sommet de Dakar, la Francophonie a fini d'être vue sous l'angle uniquement culturel. Sous le magistère de Diouf (Abdou), elle a consolidé son volet institutionnel et fait cap sur une dimension plus économique, comme espéré du Sommet de Dakar. D comme Diversité : Le XVe Sommet international de Dakar a souligné l'importance de la diversité. Les chefs d'Etat et de gouvernement, décidés à donner un contenu plus économique à la Francophonie, ont du se résoudre au constat selon lequel, sans la diversité, l'institution n'aura aucune chance dans la compétition du marché des échanges économiques. E comme Ebola : La fièvre à virus hémorragique Ebola a été une des préoccupations des dirigeants des pays francophones lors du Sommet de Dakar. A l'ouverture officielle des travaux, les chefs d'Etat et de gouvernement ont multiplié les appels pour un soutien plus prononcé en faveur des pays affectés. Alpha Condé, le président de la Guinée, pays francophone le plus touché par cette maladie, a lancé un appel à la solidarité en déclarant que "l'isolement et la stigmatisation sont plus nocifs qu'Ebola". Macky Sall, de son côté, a indiqué que le Sommet avait exhorté les pays francophones à soutenir les pays affectés tout en saluant l'appui apporté par la France à la Guinée, l'un des pays les plus touchés avec le Liberia et la Sierra Leone. F comme François Hollande : Le président français a pesé de son influence et de tout son poids sur le Sommet de Dakar. Très présent dans les différentes activités, M. Hollande, arrivé vendredi à Dakar en provenance de Conakry, a non seulement prononcé une allocution officielle à la tribune, mais s'est rendu aussi au Village de la francophonie et à Thiaroye, dans la grande banlieue dakaroise. Il s'est également recueilli sur la tombe de Léopold Sédar Senghor à Bel Air, avant de visiter le camp Thiaroye. Il a ensuite fait partie du pool de personnalités retenues pour animer la conférence de presse de clôture du XVe Sommet. G comme Gestion : La gestion du temps a été l'une des réussites de ce XVe Sommet de la Francophonie. Pour les journalistes, il fallait se présenter devant les points de ramassages (Grand-Théâtre, Liberté VI, Pikine, Thiaroye, Rue Vincent), à 7 heures précises, pour ne pas rater les bus qui faisaient la navette. Cette gestion du temps a aussi été de mise lors de la conférence de presse de clôture pendant laquelle chaque journaliste ne devait poser qu'une seule question. Macky Sall n'a pas hésité à reprendre le micro de Racine Talla qui distribuait la parole. "Directeur, il faut que je reprenne mon commandement parce que c'est très lent", a dit Macky Sall, avant de clôturer le face-à-face avec les journalistes. H comme Henry Lopez : D'aucuns le considèrent comme l'éternel candidat à la tête de l'OIF. L'ancien Premier ministre congolais a longtemps attendu son heure. Driblé par Abdou Diouf en 2002, M. Lopez n'a pu cette année non plus réaliser son rêve de briguer le secrétariat général de l'OIF, en dépit du soutien appuyé de son président Denis Sassou Nguesso. I comme Initiales : Le Centre international de conférence de Dakar (CICD) a été baptisé Centre international de conférence Abdou Diouf (CICAD) lors de la cérémonie officielle d'ouverture du Sommet de Dakar. Cette annonce de Macky Sall a surpris plus d'un et a eu des conséquences sur les fiches officielles du Sommet, parce que le sigle CICD a été vite changé par les organisateurs. Depuis samedi, CICAD est désormais sur toutes les lèvres et sur …tous les papiers. J comme Jean (Michaelle) ou Jean Claude de l'Estrac : Ils étaient nombreux à penser que le successeur du président Abdou Diouf à la tête de l'OIF se nommerait "Jean". Comme l'ancien Premier ministre mauricien Jean Claude L'estrac ou l'ancienne gouverneure générale du Canada Michaelle Jean, tant ces deux candidatures sortaient du lot. Ultra-favoris à la succession de Diouf aux yeux des observateurs, ces deux personnalités ont cristallisé toutes les attentions au cours de ce Sommet. Au finish, c'est la Canadienne qui a été choisie sur une base consensuelle. K comme Kafando : Le président de la transition au Burkina Faso Michel Kafando a réservé au Sénégal son premier voyage à l'étranger, coïncidant avec sa participation au XVe sommet de la Francophonie à Dakar. De l'avis des observateurs, ce voyage sur Dakar est une manière de rendre au Sénégal la monnaie de sa pièce, vu le rôle joué par Dakar dans le dénouement de la crise politique au Burkina Faso. L comme Langues : Le Sommet de Dakar va passer à la postérité comme le cadre de validation et d'acceptation de l'élargissement de la Francophonie à d'autres cultures et langues. Les présidents et chefs de gouvernement qui se sont succédé à la tribune semblent s'inscrire dans une nouvelle dynamique, celle qui veut que La francophonie ne soit plus une histoire de la France ou de la langue française". "Notre conviction forte en tant que francophones assumés (…) est que l'avenir de notre langue (…) réside dans un multilinguisme tout aussi assumé". Cette déclaration du président du Gabon Ali Bongo résume cette volonté d'ouverture à d'autres langues. M comme Macky Sall : Il était le maître d'œuvre du XVe Sommet de la Francophonie. Le président sénégalais tenait à réussir "son" Sommet. Au sortir de cette grand-messe francophone, le président sénégalais devrait gagner en prestige diplomatique dans la sous-région, tant l'homme a été chanté par ses pairs aussi bien pour le choix de la thématique du Sommet que pour la beauté de l'édifice construit pour l'abriter. Son prédécesseur Abdou Diouf n'était pas le dernier des conquis. "(Macky Sall), vous m'avez littéralement foudroyé. (…) Jamais au grand jamais, dans mes rêves les plus fous, je n'ai espéré que (…) vous prendriez cette décision de donner le nom Abdou Diouf à ce magnifique centre", a déclaré à ce sujet le secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf. N comme Nourriture : Il fallait vraiment être aux augets pour avoir de quoi se mettre sous la dent au CICAD, vu le grand nombre de participants dépassant largement les réserves de nourriture. Des tickets ont été distribués pour l'accès à des restaurants plein air. Mais au dernier jour du Sommet, le stock prévu par les organisateurs avait été épuisé. Conséquence : beaucoup de personnes n'ont pu prendre ni le petit-déjeuner ni le déjeuner, parce que les assiettes étaient déjà vides. O comme Organisation : L'organisation de ce XVe Sommet de la Francophonie n'était pas gagnée. Mais les autorités sénégalaises l'ont réussi selon les délégations officielles. Le dispositif sécuritaire a été impressionnant. Les éléments de la Police, de la Gendarmerie, des Sapeurs-pompiers étaient visibles partout. Sur le plan sanitaire, rien n'avait été négligé. Des ambulances et un hélicoptère médicalisés ont été prépositionnés en cas d'évacuation d'urgence. P comme Présidents : Le XVe Sommet de la Francophonie a sans doute battu le record de participations avec la présence d'une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement. Il y avait là plusieurs présidents de pays africains (Alassane Dramane Ouattara, Ali Bongo, Paul Biya, Obiang Nguéma, Ibrahim Boubacar Keita, Alpha Condé, Joseph Kabila, Denis Sasu Nguesso, entre autres), mais aussi européens (France, Suisse, Belgique), en plus du Premier ministre canadien Stephen Harper et de la vice-présidente du Vietnam Nguyễn Thị Doan. Q comme Québec : Le Quebec a marqué de sa présence le rendez-vous francophone de Dakar. Avec une forte délégation conduite par le Premier ministre Philippe Couillard, arrivé depuis jeudi à Dakar. Il a animé vendredi un forum économique à la Chambre de commerce de Dakar. Les journalistes québécois ont été très visibles au centre de presse à côté de leurs confrères canadiens. Ils n'ont pas hésité à pousser des cris de joie à l'annonce de l'élection de Michaelle Jean en remplacement du SG sortant Abdou Diouf. R comme Réussite : La plupart des chefs d'Etat et chefs de gouvernement qui se sont succédé à la tribune du Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio ont magnifié, à l'ouverture officielle de la rencontre, le dispositif organisationnel mis en place par les autorités sénégalaises. Du point de vue de l'organisation, les autorités (sénégalaises) ont marqué beaucoup de points. C'est vraiment bien fait, le déroulement des travaux, a notamment apprécié le président malien Ibrahim Boubacar Keïta IBK. S comme Senghor : Considéré comme l'un des pères de la Francophonie, le nom du premier président du Sénégal indépendant était dans la bouche de pratiquement tous les officiels lors des différentes interventions. A l'ouverture de la cérémonie, samedi, le président Sall a commencé son discours par rendre hommage à "Léopold Sédar Senghor pour son œuvre pionnière et son rôle de rassembleur" au sein des pays ayant en partage la même culture et la même destinée commune. T comme Télévision : Le Centre international de conférence Abdou Diouf (CICAD) a été le théâtre d'une rude bataille entre les grandes chaînes de télévision. Des plateaux ont été aménagés un peu partout pour permettre à des chaines étrangères - TV5, France 2, France 24, Al Jazeera - locales de recevoir leurs invités, tous de marque. U comme Unité : Les présidents et chefs de gouvernement ont insisté sur la nécessité de maintenir l'unité dans les rangs des pays membres de l'espace francophone, en insistant notamment sur la solidarité devant prévaloir entre les uns et des autres. Le président camerounais Paul Biya, par exemple, a plaidé pour une plus grande unité dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, en vue de neutraliser des groupes comme Boko Haram. V comme Vietnam : Considéré comme le pays le plus francophone du continent asiatique, le Vietnam a pris part au XVe Sommet de la Francophonie, confirmant ainsi le fort souhait de voir la francophonie s'ouvrir à d'autres horizons. Conduite par sa vice-présidente Nguyễn Thị Doan, la délégation du Vietnam fait partie du nombre restreint de pays à avoir eu le privilège de prononcer un discours lors de la cérémonie d'ouverture officielle. La vice-présidente a notamment loué le rôle de Abdou Diouf dans le renforcement de la coopération de son pays avec l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). W comme Wade : Absent des débats, l'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade était dans les esprits, d'autant que sa décision de boycotter le Sommet a suscité moult commentaires et interrogations. Cela n'a toutefois pas empêché les participants de saluer tantôt l'expérience et la sagesse d'Abdou Diouf, tantôt la belle organisation de la rencontre sous les directives de Macky Sall. X comme Inconnu : Même la presse a eu du mal à donner le nombre de participants, de chefs d'Etat ou de gouvernement à ce Sommet. Une trentaine, une quarantaine, voire une soixantaine de délégations officielles, selon les sources. Même chose, s'agissant du nombre de journalistes présents au CICAD. Autour de 800 selon la délégation générale à la Francophonie, plus de 1000 si on comptabilise les journalistes présents sur d'autres sites comme le Village de la Francophonie ou dans les réceptifs hôteliers où logent les délégations officielles. Y comme Youssou Ndour : Le roi du Mbalax a marqué de son empreinte la cérémonie d'ouverture du Sommet de Dakar en participant au spectacle sons et lumières qui a précédé les allocutions présidentielles. Outre Youssou Ndour, la chanteuse sénégalaise Coumba Gawlo Seck, Axelle Reid de la Belgique et la Québécoise Diane Dufresne ont également participé à l'animation du Sommet. de même que l'acteur français Charles Berling, le chanteur algérien Khaled, le chanteur cajun Zachary Richard, la diva béninoise Anjélique Kidjo, la chanteuse française d'origine indonésienne Anggun. Le spectacle proposé mêlait arts numériques et chansons autour du monde francophone. Z comme Zone : Le Centre international de conférence Abdou Diouf (CICAD) est un bijou. Cet édifice bâti sur une superficie de 58 hectares dans la forêt perdue de Diamniadio impressionne plus d'un. Il est divisé en plusieurs zones. La zone bleue, la zone orange et la zone rouge. Ce dernier compartiment était exclusivement réservé aux présidents et chefs de gouvernement. La zone orange est dédiée aux hommes de sécurité et la zone bleue réservée aux participants simples et autres journalistes, selon un protocole bien établi.