Burkina Faso : les acteurs de la transition ne seront pas candidats aux prochaines élections +++Envoyé spécial : Amadou Samba Gaye+++

Présidence de la République

La personnalité civile qui sera choisie pour conduire le processus devant mener à un retour à l'ordre constitutionnel ne pourra être candidat, ni à la présidentielle ni aux législatives, a indiqué le professeur Luc Obriga, juriste et enseignant à l'Université de Ouagadougou. Les militants de la société civile et de l'opposition, qui ont élaboré le texte, ont pris le soin de "sacraliser" et de "sanctuariser la disposition qui sera proche de l'article 37 de la Constitution" - qui concerne les mandats présidentiels - en vigueur sous Blaise Compaoré, a expliqué M. Obriga après l'adoption du document. Ce texte, qui rend "inéligible" le président de transition, "n'est pas susceptible de révision", a-t-il déclaré à la fin de la réunion des membres de la société civile et de l'opposition, dans un bâtiment administratif de la capitale burkinabé. Le projet de charte exclut la participation, aux prochaines élections, du Premier et des ministres qui seront nommés dans le gouvernement de transition, selon Luc Obriga, un membre de la société civile. En revanche, les membres de l'Assemblée nationale de transition pourront briguer le poste de président de la République et présenter leur candidature aux prochaines élections législatives, a-t-il précisé, en communiquant le contenu de la charte aux journalistes. Selon M. Obriga, le document a défini les critères de désignation du président de la transition. Ses auteurs pensent avoir élaboré un texte fondamental dans la mesure où l'orientation de la transition doit se faire sur des valeurs, dont "la probité", "la transparence", "la discipline" et "le civisme". La charte tient compte de "l'état de la société burkinabé" et de "la nécessité d'un réarmement moral" des citoyens du pays, a-t-il souligné.