Yoonou Askan Wi sur la chute de Compaoré : Une belle leçon d'autonomie populaire

Présidence de la République

"La victoire du peuple burkinabé", qui a contraint à la démission le président Blaise Compaoré, est une "belle leçon d'autonomie populaire pour notre continent (…)", estime cette formation se réclamant de la gauche sénégalaise, au sujet des derniers événements au Burkina Faso. Le président Blaise Compaoré a annoncé vendredi son départ du pouvoir, consécutif à de violentes manifestations qui avaient débuté la veille dans la capitale burkinabé, où les députés devaient voter un texte devant permettre à Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat à la tête du pays. Devant l'ampleur des manifestations, reconduites vendredi, le gouvernement avait dans un premier temps annoncé le retrait du texte, sans réussir à calmer les manifestants. Un moment décidé à conduire une transition, Blaise Comparé, au pouvoir depuis 27 ans, a dû abdiquer devant la détermination de ses concitoyens. Cette nouvelle donne doit "constituer pour nous un encouragement dans le contexte sous-régional actuel où nous devons faire face, d'une part, aux tentatives de l'Union européenne d'imposer à la CEDEAO la signature des APE, véritable mécanisme d'asservissement de nos économies au capital international (…)", juge Yoonou Askan Wi dans ce communiqué. Les responsables de cette formation évoquent, d'autre part, les "pièges de la tenue, en fin novembre à Dakar, du 15ème Sommet de la Francophonie, cet autre instrument de domination culturelle et politique". "Pour que triomphe la seconde décolonisation du Burkina Faso et de l'Afrique toute entière, Yoonu Askan Wi appelle à l'unité des forces patriotiques de la sous-région et du continent, pour la construction d'un authentique panafricanisme révolutionnaire des peuples, seul garant d'une véritable libération de l'Afrique de tous les jougs de domination", lit-on. Yoonu Askan Wi dit par ailleurs apporter "son soutien et sa solidarité au peuple frère du Burkina Faso, pour le triomphe de la révolution démocratique, l'avènement de la République sociale et citoyenne au service du peuple". "Sous ce rapport, poursuit ce parti, il est inacceptable que la révolution initiée par le peuple burkinabé soit dévoyée dans des dérives militaristes, ou confisquée par des forces au service du néocolonial- capitalisme". Le lieutenant-colonel Isaac Zida, commandant adjoint du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), a été désigné ce samedi par l'armée pour conduire le régime de transition au Burkina Faso dont l'ancien président Blaise Compaoré a trouvé refuge en Côte d'Ivoire. Zida a été retenu "à l'unanimité pour conduire la période de transition ouverte après le départ du président Compaoré par la haute hiérarchie (militaire) et après concertation à l'état-major des armées", apprend-on. Des manifestants réclamant une transition civile ont été dispersés dimanche matin dans les rues de Ouagadougou par des militaires. Ces derniers ont par la suite tenu une réunion avec l'opposition politique burkinabè, ce qui laisse penser que l'armée pourrait être amenée à associer la société civile et la sphère politique au processus de transition démocratique, selon des médias. "Yoonu Askan Wi appelle à l'unité de toutes les forces vives burkinabé, politiques, civiles et militaires, actrices de la victoire du 30 octobre, pour l'élaboration et la mise en œuvre d'une Charte de la transition consensuelle, inclusive et partagée", relève-t-il dans son communiqué. Il invite les acteurs concernés "à renforcer la vigilance, afin de réunir les conditions de réalisation des aspirations profondes du peuple burkinabé, pour reprendre et poursuivre l'œuvre du capitaine Thomas Sankara". "La jeunesse africaine, les peuples africains, en ont assez de voir notre continent être le siège de ce virus Ebola antirépublicain appelé +tripatouillages des Constitutions+ pour les seuls privilèges de dirigeants indignes !", soutient cette formation. "Blaise Compaoré ne perd rien pour attendre, il devra rendre des comptes et payer pour tous les crimes commis, et sans nul doute la vérité sur l'assassinat de Sankara jaillira", poursuit-t-il. "Que toutes les feuilles mortes accrochées aux pouvoirs néocoloniaux tombent, pour servir de terreau à l'émergence d'une Afrique nouvelle, libérée de l'impérialisme et des idéologies obscurantistes (…)", conclut Yoonou Askan Wi.