Les vacances paralysent le commerce à l'université Cheikh Anta Diop +++ El Hadj Souleymane Faye +++

Economie

Dakar, 15 août (APS) - En cette matinée de vendredi, un décor inhabituel accueille le visiteur qui arrive au campus social de l'université de Dakar. Plusieurs échoppes et magasins sont fermés. Les quelques vendeurs trouvés sur place attendent désespérément des clients. Ici, tous sont unanimes à reconnaître que les affaires commencent à marcher au ralenti. Badou Sylla, gérant d'une cabine téléphonique, au rez- de-chaussée du pavillon A, lâche, dans un aveu d'impuissance, nous sommes obligés de partir d'ici et vaquer à d'autres occupations, car nos affaires ne sont plus roses. Les étudiants pour qui nous sommes ici partent en vacances. Cireur de son état, Saïkou Diop a le maque des mauvais jour. Nous allons voir ailleurs. Les bonnes affaires ne reprendront qu'au mois de décembre, déclare-t-il. En effet, même si la rentrée académique est prévue au mois d'octobre, le campus ne retrouvera son activité que deux mois après. Un peu plus loin, au Couloir de la mort, le jeune Samba Fall est lui aussi à l'image de tous ces autres vendeurs désormais à la peine. Assis devant son échoppe remplie de piles de cahiers, de bloc-notes et de boîtes de stylos soigneusement rangés, il semble attendre vainement des clients, devenus presque introuvables. Avec la fermeture du campus, la galère ne fait que commencer chez nous, dit-il. Mais, le vendeur ajoute, d'un ton ferme, qu'il ne se tournera pas les pouces. Les étudiants ne sont pas mes seuls clients, précise-t-il, même s'il sait que dans son for intérieur son commece sera u ralenti et qu'il sera obligé de réduire son temps de travail quotidien. Les commerçants ne sont pas cependant les seuls à être affectés par le ralentissement des affaires à l'UCAD. Les gérants de restaurant broient également du noir. Originaire du Niger, Ibrahima Medege dont le restaurant se trouve en face de la Cité Claudel n'a pas échappé à cette situation . Les clients arrivent au compte-goutte. Les étudiants étaient mes clients attitrés. Leur départ affaiblit considérablement mes revenus, alors que je dois payer des taxes à la mairie, quel que soit le rythme des affaires. Tailleur, Waly Diop, ne peut plus cacher son inquiétude, conscient du fait que les affaires ne reprendront qu'au mois de janvier prochain. Malgré le ralentissement des activités, certaines personnes arrivent pourtant à tirer leur épingle du jeu. C'est le cas de Mame Bounama Kounta, qui s'active dans le traitement de textes. Etabli en face de la cité Claudel, le jeune homme donne l'impression que les vacances ne semblent point avoir entamé ses activités. Qu'il pleuve ou qu'il vente, mes activités marchent comme sur des roulettes. J'ai une énorme clientèle autre que les étudiants, déclare-t-il. ESF/ASG/CTN