Dak'Art 2014: l'AIE ou la culture pour rapprocher les peuples

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Inscrite pour la première fois dans le Off de la 11ème Biennale de l'art africain contemporain de Dakar (Daka'Art, 8 mai- 9 juin), cette exposition change le décor des nouveaux locaux de l'ambassade des Etats-Unis inaugurés récemment dans le quartier des Almadies. Des œuvres d'artistes sénégalais et américains ornent les différents espaces de la représentation diplomatique. Modou Dieng avec ses cravates et 33 tours, Viyé Diba avec son tableau Robinet, l'artiste photographe Pape Seydi Samba avec Les icônes de la ville ornent les murs de l'ambassade. A côté de leurs œuvres, il y a celles des artistes américains comme Vera Vidittz-Ward et ses photographies d'un quartier de Dakar, ou encore la toile de David Huffman intitulée Chou vert. L'AIE a été créé en 1963, mais déjà en 1960 le Président John Kennedy avait nommé le directeur du bureau de l'art dans les ambassades. C'est donc pour promouvoir la diplomatie culturelle que ce bureau a été créé, a expliqué Aminata Fall Samb, spécialiste des affaires culturelles, à l'ambassade des Etats Unis au Sénégal. C'est un bureau qui rapproche le peuple américain et celui des autres pays pour raffermir les relations diplomatiques (…). Donc partout où il y a une ambassade des Etats Unis, le bureau envoie des œuvres pour le décor de l'ambassade, a t-elle précisé. Des expositions qui donnent une idée de la dimension de l'art et de la culture des deux pays, celui qui est reçu et celui qui reçoit. C'est dans ce cadre que des artistes américains sont venus au Sénégal pour s'inspirer de la culture au Sénégal et s'y appuyer pour produire leurs propres œuvres, selon Mme Samb. C'est le cas de Amy Sherald avec Equilibre, une œuvre inspirée des pagnes ndjaxass au Sénégal ou patchwork présentant une jeune femme habillée en jupe patchwork. Debout sur ce qui semble être un fil tendu, elle est munie d'un balancier et d'une pendule, comme pour faire référence au balancier d'une horloge. Il y a aussi l'œuvre de la Californienne, Mildred Howard, intitulée Changement dans la cuisine : de Dakar à Détroit et au Delta du Mississippi. Le visiteur découvre à travers ce tableau plusieurs mains sculptées sous différentes positions sortant de disques 33 tours accrochés séparément sur un mur en bois. Il s'agit d'une œuvre qui rend hommage à la filiation directe entre la musique du Sénégal et d'Afrique de l'Ouest et les idiotismes musicaux considérés comme natifs des Etats-Unis, a dit Mildred Howard, dans une note de présentation de son œuvre. Détroit a été considérée comme (…) le lieu de naissance du rythme and blues américain, de la musique soul (…). En écoutant attentivement, on réalise que la plupart de ces titres de détroit qui nous sont familiers prennent leurs racines dans les traditions anciennes d'Afrique de l'Ouest, ajoute-t-elle. La plus grande œuvre de l'exposition de par sa dimension ne laisse aucun visiteur indifférent, puisque l'auteur, Nick Cave, a pu créer des filets de perles multicolores, bien connues des femmes sénégalaises. Des filets qui pourraient, selon Mme Samb, représenter la diversité des hommes, mais aussi l'amitié ou encore le mariage. D'autres pourraient voir à travers ces filets des sculptures d'artistes sénégalais que Nick Cave a ajoutées dans son œuvre pour souligner l'importance du brassage culturel qui existe aux Etats-Unis. Pour couronner le tout, a-telle poursuivi, l'ambassade des Etats-Unis a permis à 9 artistes sénégalais, dont Abdoulaye Ndoye, Docta ou encore Pape Seydi d'effectuer des peintures sur un mur de plusieurs dizaines de mètres de long et de près de 2 mètres de large reflétant ainsi les échanges culturels avec le Sénégal. Avec plus de 200 sites à travers le monde, l'AIE organise des expositions temporaires et permanentes dans les espaces de représentation de toutes les chancelleries, tous les consulats et toutes les résidences des ambassades des Etats-Unis dans le monde.