"Produire le commun", thème de la 11e Biennale de Dakar (commissaires)

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"Il s'agira d'ouvrir la porte à la nouvelle vision de l'histoire de l'art africain (…) et prouver que ce qui se passe ici n'est pas une contradiction de ce qui se passe à l'autre bout du monde", a t-il dit en conférence de presse, en présence des deux autres commissaires d'exposition de la Biennale, Elise Atangana et Smooth Ugochukwu Nzewi. Selon lui, "produire le commun, ce n'est pas simplement vivre ensemble, c'est de le faire de manière active", sachant que "l'Afrique est le seul continent (…) qui fait la synthèse du monde entier". "Et donc, si nous sommes le seul lieu qui peut se targuer de dire qu'il est le résumé du monde, nous avons donc essayé, dans la biennale, de faire modestement une exposition qui donne ce sentiment", a-t-il souligné. Pour la Camerounaise Elise Atangana, "produire le commun" est un processus inclusif où il s'agira de réfléchir sur ce que l'on a en commun, penser l'autre, une sorte "d'additions des différences". Durant la Biennale, une œuvre commune, intitulée "Anonymous", sera présentée au public, comme "le symbole" du thème de cette manifestation, puisqu'elle a été signée de manière collective. D'après elle, c'est "une manière de représenter cette production du commun". D'autres thèmes seront également déclinés, à travers des œuvres d'art qui seront exposées. Certains sont des thèmes à caractère urbain qui ont aussi la particularité d'être récurrents. Il y aura également des œuvres parlant d'amour et d'autres qui seront développées sous des thèmes interactifs, sans oublier l'esclavage et l'environnement, a-t-elle précisé. Plus de soixante artistes internationaux sont attendus à cette nouvelle édition parmi lesquels le Britannique John Akomfrah, le Nigérian Olu Amoda, le Kenyan Wangechi Mutu, le Grec Io Palmer, qui participent pour la première fois à la Biennale de Dakar. Ce choix est selon Atangana motivé par le besoin de "renouveler le visage de la Biennale, surtout, d'offrir une opportunité aux artistes qui souhaitaient venir à Dakar et participer à la Biennale". Elle souligne que, "pour eux, la Biennale représente quelque chose de très fort, de symbolique, d'historique et culturellement très ancrée sur le continent". Les pavillons de pays seront une nouveauté durant cette Biennale, a annoncé M. Damani, qui signale que toutes les biennales à travers le monde essaient de trouver des particularités, et la question des pavillons par pays a toujours été la particularité de la Biennale de Venise. Il y aura ainsi durant cette biennale le pavillon marocain et algérien, parmi d'autres, a précisé le commissaire algérien, qui est par ailleurs le directeur de la plateforme Veduta, à la Biennale de Lyon. Pour cette 11e édition, plus de 250 sites ont été répertoriés pour abriter les différentes expositions entre Dakar et Saint-Louis dont le village de la Biennale qui va abriter l'exposition internationale. Il est également prévu des expositions-hommages, des expositions off présentant près de 600 artistes à Dakar, mais aussi un salon de la sculpture, résultat du symposium de la sculpture tenu en novembre dernier à Dakar.