Un éditeur sénégalais participe à la coédition du livre Lilian Thuram

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Nous sommes membres de l'Alliance internationale des éditeurs indépendants. D'ailleurs dans ce cadre, nous participons à la coédition de +Mes étoiles noires+ de Lilian Thuram dont la parution est prévue au mois d'avril prochain, a-t-il déclaré, dans un entretien avec le journal marocain "L'Opinion". M. Ndiaye a fondé les Editions Papyrus Afrique, le 15 mars 1996, spécialisées dans la publication d'ouvrages en langues nationales wolof et pulaar. Le 25 mars 1998, il lançait "Lasli/Njëlbéen", un journal bilingue wolof/pulaar qui servit à promouvoir les livres qu'il a édités. Nos publications devenaient plus visibles. Nos livres et notre journal commençaient à circuler dans pratiquement toute la sous-région ouest africaine. Nos auteurs devenaient plus populaires, leurs livres aussi, a-t-il confié au journal marocain. L'éditeur a fait part de l'écho très favorable reçu auprès des populations, surtout dans le monde rural, au Sénégal, en Mauritanie, au Burkina Faso, au Niger, en Gambie, en Guinée-Bissau, au Mali, dans la diaspora en Europe et aux Etats-Unis. L'évolution de l'écriture en langues nationale fut très surprenante d'autant qu'il y avait une forte attente. Ceux qui écrivaient n'avaient pas d'espace ou se faire publier et ceux qui savaient lire dans leur langue n'avaient pas de livres à lire, a souligné Seydou Nourou Ndiaye. Il y a véritablement un bond qualitatif. Nous assistons à un élan nouveau, une conscience nouvelle et une saine détermination pour relever les défis longtemps laissés en rade, a-t-il noté au niveau de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Selon l'éditeur sénégalais, la sous-région a une diversité linguistique remarquable, faisant d'elle une Afrique en miniature. Les éditeurs de ces différents pays sont obligés de tenir compte cette réalité, a-t-il ajouté. Nous y avons aussi de grandes langues africaines transfrontalières comme le pulaar, le mandingue, le dioula… C'est un marché éditorial très important, a estimé M. Ndiaye, qui a réaffirmé à l'occasion l'objet de son projet éditorial. Pour que les autres auteurs en langues africaines ne puissent plus vivre le calvaire que j'ai vécu, j'ai ainsi fait le choix de contribuer à l'émergence d'une littérature écrite dans les langues africaines du Sénégal, a rappelé le fondateur de Papyrus Afrique. M. Ndiaye a expliqué que l'idée de création de la maison d'édition découlait des frustrations qu'il a vécues en tant que poète. C'est depuis les années 70 au lycée que j'ai commencé à écrire en wolof et en pulaar, a-t-il indiqué. Il a attendu de 1980 à 1993 pour la publication de ses manuscrits. Interrogé sur ses attentes avec la percée du livre numérique, il a dit : Nous sommes en train d'étudier la question. Nous envisageons la mise en place d'un département numérique pour nos ouvrages et le journal est en cours de relance.