La problématique des préjugés appréhendée sous le prisme de l'art

Genre

Cargo -209 est le nom du projet artistique itinérant à l'origine de cette exposition axée sur le thème des préjugés, et qui évolue à travers trois étapes, selon les directeurs artistiques Clément Garnung et Jessica Korbedeau, eux-mêmes de jeunes artistes plasticiens. Ce qui nous semble innovant dans ce projet, c'est l'étape en trois temps mis en place, c'est-à-dire, d'abord, la prise de parole des populations (…) où chacun va donner sa vision, ensuite, la deuxième étape, c'est l'interprétation des artistes, c'est-à-dire reconsidérer l'artiste comme un penseur, a dit M. Garnung. Selon lui, il s'agit de reprendre l'artiste dans son essence même, c'est-à-dire quelqu'un qui va exprimer la condition humaine de ses concitoyens, et la troisième étape consiste à sélectionner les idées qui ont été proposées par la population et les artistes, et mettre en place des actions concrètes sur les territoires. Ces actions peuvent être déclinées, selon Jessica Korbedeau, à travers la sensibilisation sur les causes de certains préjugés, ou encore l'organisation de tables-rondes avec les acteurs locaux, dans le but de participer à l'éveil dans la mentalité des populations, aussi bien du côté français que sénégalais pour arrêter cela. Selon les organisateurs, ce projet vise, en outre, à promouvoir des liens interculturels entres les différents peuples, à travers les arts visuels, le théâtre, le cinéma... Et pour cette exposition de plus d'une vingtaine de tableaux d'art, c'est plusieurs artistes français et sénégalais qui participent à déconstruire les préjugés négatifs de part et d'autre. Parmi eux, Jacob Yacouba, Mamadou Sow, Moussa Konaté, Jessica Korbedeau, Clément Garnung... Parmi les 10 tonnes de préjugés réunies grâce à la prise de parole des populations de la ville de Bordeaux (sud-ouest de la France) et celles de Saint-Louis (Nord du Sénégal), l'on peut citer du côté français : L'Afrique est un seul pays, Les Sénégalais ont besoin de l'aide occidentale, les Africains respectent la nature, les Sénégalais n'ont pas de technologie... Du côté sénégalais, les préjugés à analyser sont entre autres :Les Français manquent de respect envers leurs anciens, les Français sont sales,les Français sont détachés de la religion', les Français sont curieux... La prochaine étape de l'exposition, selon Clément Garnung, se tiendra au Québec (Canada), au mois de mai prochain. Des sociologues, anthropologues, et autre chercheurs associés au projet vont proposer des enquêtes et des analyses basées sur une triangulation des données recueillies sur les territoires visités (France, Sénégal, Canada), a t-il indiqué.