Alphousseynou Touré, un rapatrié qui veut refaire sa vie dans son pays

Présidence de la République

Passager du second vol des ressortissants sénégalais rapatriés de la République centrafricaine (RCA) vendredi, Alphousseynou Touré tente de trouver ses marques, dans une foule bigarrée. Regard évasif, une valise à la main, ce rapatrié semble perdu dans cette ambiance particulière. Les va-et-vient des officiels, des personnels de sécurité le perturbent. Interpellé par des journalistes, il prend le temps de réfléchir, avant de répondre dans un français avec un accent centrafricain. La voix teintée d'émotion, il déclare : je me nomme Alphousseynou Touré et je suis né à Bangui. Après quelques secondes d'hésitations, il poursuit : Je suis né à Bangui, c'est mon père qui est Sénégalais. Ma mère est Camerounaise. Du Sénégal, Alphousseynou Touré ne connait que le nom du village de son père Sangué Lobaly, un village situé au bord du Fleuve Sénégal à la frontière avec la Mauritanie et le nom de son oncle Abdoulaye. J'ai décidé de venir au Sénégal, le pays de mon père (…). Je n'ai jamais mis les pieds au Sénégal. C'est mon premier voyage. Je rends grâce à Dieu et au président Macky Sall, affirme-t-il. J'ai pris la décision de rester définitivement au Sénégal, le pays de mes ancêtres, adéclare-t-il. Maintenant, il veut tout pour rester ici. Je veux continuer mes études à Dakar, confesse le jeune homme âgé de 20 ans. Il précise qu'il était en classe de seconde. Alphousseynou Touré n'aime pas y s'appesantir sur la situation qui prévaut dans son pays de naissance, le RCA, en proie à un conflit entre milices musulmane et chrétienne. A Bangui, il y a l'insécurité. On chasse les musulmans, renseigne-t-il. Il prie pour que son père, resté loin de la capitale centrafricaine, revienne vite au Sénégal. Mon père n'a pas pu rejoindre Bangui pour venir avec nous. Il n'a pas eu la chance comme nous , précise-t-il.