Les Sénégalais rentrés de la RCA racontent l'"enfer" de Bangui

Présidence de la République

Fortement ému, M. Diallo verse de chaudes larmes. Ce jeune Sénégalais a vécu une situation difficile en RCA, un pays déchiré depuis plusieurs semaines par une guerre interconfessionnelle, entre les chrétiens et les musulmans. Bousculé par des journalistes assoiffés de témoignages sur la situation de guerre dans ce pays d'Afrique centrale, il peine à prononcer des mots. Il finit par lâcher, au bout de quelques efforts, la phrase suivante : "Nous remercions Dieu de nous avoir permis de fouler le sol sénégalais." Il pleure encore. A ses côtés se trouve Ousmane Diallo, un commerçant, qui revient sur l'horreur qu'il a vécue à Bangui, la capitale de la RCA. "Il n'y avait que des tirs. Nous nous sommes réfugiés au consulat. Depuis plus d'un mois, nous n'avons pas travaillé. C'était très difficile." Mamadou Sène exerçait aussi le métier de commerçant en RCA. "J'avais une boutique. J'étais dans l'alimentation générale. Maintenant, je n'ai rien. Ma boutique a été complètement pillée", raconte-t-il, plein de désespoir. Youma Ndiath, accompagnée de ses enfants, rend grâce à Dieu et remercie les autorités. "Nous sommes bien arrivés. Nous sommes en vie ! Nous rendons grâce à Dieu et remercions les autorités. Nous avons vécu des conditions difficiles à Bangui", commente-t-elle. Les Sénégalais ont frôlé la mort, jusqu'au moment de leur départ de l'aéroport de Bangui, selon Mme Ndiath, qui vivait en RCA depuis 2001. Elle espère que les autorités sénégalaises feront de leur mieux pour rapatrier les Sénégalais restés en RCA, parmi lesquels se trouve son époux. "Merci M. le président Macky Sall. Vous nous avez sauvé la vie. Nous sommes des miraculés", scande un jeune homme, en descendant de l'avion. Une casquette bien vissée sur la tête, Mamadou Lamine Cissé se soucie du sort de ses compatriotes restés en RCA. "Les anti-balaka (une milice majoritairement chrétienne) nous menaçaient, jusqu'à notre arrivée à l'aéroport. Nous demandons le rapatriement des autres Sénégalais", affirme-t-il. Ndèye Arame Ndiaye, une avocate stagiaire au barreau de Bangui, sollicite des autorités la prise en charge de la scolarisation des enfants rentrés de Bangui. "Nous avons beaucoup perdu. Nos maisons ont été saccagées. Il ne nous reste plus rien", se désole-t-elle. Le second vol chargé de ramener au bercail les Sénégalais restés en RCA devrait arriver jeudi à Dakar avec 162 personnes, selon le chef de l'Etat.