Yéro Dé aux organisations communautaires: faites des propositions pour influer sur les décisions de l'Etat +++ Envoyé spécial : Aboubacar Demba Cissokho +++

Economie

Ogo (Matam), 11 août (APS) - Le ministre du Travail, de la Fonction publique, de l'Emploi et des Organisations professionnelles, Yéro Dé, a fait un vibrant plaidoyer en faveur de la bonne gouvernance, invitant les organisations communautaires à la base à faire des propositions pour influer sur les décisions du gouvernement. Il y a quelque chose de bon dans la bonne gouvernance. C'est la capacité d'écoute de ceux qui dirigent le pays. C'est aussi la confiance aux citoyens et acteurs économiques de son pays. Vous (organisations communautaires) devez parler de ce que vous savez, exposer des solutions, des propositions pour influer sur nos décisions, a notamment dit M. Dé à l'ouverture du Forum du mouvement des acteurs de la vallée (MAV), mercredi à Ogo (10 Km de Matam). Il faut faire du MAV un puissant lobby pour que les communautés à la base puissent influer sur les politiques que nous concevons. On ne peut pas trouver la solution à un problème qu'on ne connaît pas, a précisé le ministre qui avait à ses côtés le président du Conseil régional de Matam, Adama Sall, et le président du MAV, Diabé Sow. La politique est un jeu d'intérêt. Si vous ne nous exposez pas vos préoccupations, vos intérêts, nous ne pouvons pas être vos relais, a-t-il indiqué, soulignant que son expérience gouvernementale lui a enseigné que l'ère des directives est terminée. En me confrontant aux organisations sociales, j'ai vu que l'ère des directives était révolue et a laissé la place à celle de la concertation et de la recherche du consensus. C'est ainsi que la démocratie devient participative, a poursuivi Yéro Dé. Evoquant le thème du forum axé sur quel avenir pour la vallée ?, il a posé la problématique en terme de retour des cadres du terroir pour contribuer à son développement économique et social. Que faisons-nous ailleurs ? Pourquoi ne faisons-nous pas ici ce que nous faisons ailleurs ?, s'est-il interrogé avant d'expliquer que ses interpellations traduisent un amour tyrannique pour le terroir et un désir puissant de le voir se développer. Yéro Dé a dit que les difficultés à émigrer doivent inciter les ressortissants de la vallée et, plus généralement, du Sénégal, à penser à développer le terroir par d'autres moyens et des stratégies différentes. L'émigration a grandement contribué au développement de la zone. Mais elle devient de plus en plus difficile. Il y a donc un changement de perspective, a analysé M. Dé avant d'ajouter : il s'agit aujourd'hui de faire en sorte que les zones d'émigration se développent autrement que par les contributions des émigrés. Le forum du MAV réunit plus de 100 paysans, éleveurs, pêcheurs et membres d'organisations communautaires venus de Saint-Louis, de Matam, de Louga et de Tambacounda. Créé en 1994 à Ndioum (département de Podor), le MAV regroupe 29 organisations paysannes et revendique plus de 500 membres. ADC/CTN